À voir à la télévision le vendredi 12 mars - Entre devoir et filiation

Parmi tous les meurtres non résolus survenus aux États-Unis, celui de l'aspirante actrice Elizabeth Short continue de susciter une fascination particulière à Hollywood, peut-être parce qu'il fut commis dans l'arrière-cour de Tinsletown. Connue sous le surnom de Black Dahlia, Short, ou plutôt sa fin tragique, a inspiré de nombreux livres et films, les seconds souvent tirés des premiers.

C'est le cas de True Confessions (ne laissez pas la traduction, Sanglantes confessions, tromper vos attentes), un film méconnu d'Ulu Grosbard basé sur le roman de John Gregory Dunne.

À Los Angeles, Desmond Spellacy est un jeune et ambitieux monseigneur (man)oeuvrant dans ce diocèse clé de l'Église catholique. Loin des mondanités et des jeux de coulisse, son frère aîné Tom est pour sa part enquêteur au sein des forces de l'ordre. Le meurtre sordide d'une jeune femme mettra à mal les contacts de l'un et la conscience de l'autre et, ultimement, testera la force de leur lien fraternel.

Ici, l'affaire Black Dahlia sert plus de point de départ à l'intrigue que de point d'ancrage. En effet, le film s'articule avant tout autour d'un conflit de personnalités latent entre Desmond et Tom. C'est la profondeur des personnages qui fait toute la différence. La manière dont ils sont interprétés aussi.

Étant donné la distribution, justement, on s'étonne que ce film sobre mais de grande qualité soit tombé dans l'oubli après sa sortie en 1981. En effet, Robert De Niro (effacé mais paradoxalement d'une grande présence) et Robert Duvall (pugnace, bouillant) y sont absolument formidables. Ils sont secondés par des acteurs de composition excellents: Charles Durning, Burgess Meredith, Cyril Cusack, etc.

Cela a probablement un peu à voir avec le fait que le cinéaste Ulu Grosbard, malgré un talent évident (Straight Time, Georgia), n'est jamais parvenu à s'imposer. Son film est à l'avenant: extrêmement bien fait, mais tranquille, discret. Remarquez que, pour plusieurs, c'est une qualité. Mais pas pour la postérité, semble-t-il.

Cinéma / Sanglantes confessions - Historia, 22h