À voir à la télévision le jeudi 11 mars - Une patate difficile à lâcher

Un hot-dog «steamé», une grosse boisson gazeuse et leurs inséparables frites bien  graisseuses, assaisonnées au goût avec sel et vinaigre, ou encore avec un coulis de ketchup: voilà la définition d'un bonheur simple, souvent associé à l'enfance, pour bien des Québécois.

C'est du moins ce que laisse croire cette série documentaire en trois épisodes qui scrute l'histoire et l'impact économique et social de la pomme de terre frite dans la Belle Province. En ces temps où la restauration rapide est devenue un ennemi à abattre pour les promoteurs de saines habitudes de vie, il est réjouissant de pouvoir saliver tout en découvrant (ou redécouvrant, selon chacun) les faces cachées ou méconnues de cette fameuse patate maintenant honnie.

Le premier épisode s'intéresse à l'origine du fameux tubercule, à sa culture et à son utilisation au Québec, puis à la naissance de sa version frite, apparue au début du XIXe siècle en France. Il faut attendre les années 1910 pour la voir apparaître au Québec, alors que se multiplient sur nos routes des roulottes à patates frites, d'abord tirées par des chevaux puis motorisées. La fin de la Seconde Guerre mondiale sonne le glas de ces commerces ambulants, avec le resserrement des règles de l'hygiène alimentaire.

Le deuxième épisode se penche sur les casse-croûte qui prennent le relais et s'attarde
particulièrement à certaines «institutions» qui ont aujourd'hui perdu de leur lustre (les fameux Orange Julep et autres Dic Ann's) et à la lointaine époque où l'on se faisait servir son plateau par une jolie demoiselle à la fenêtre de sa voiture...

Le dernier épisode est consacré à la «standardisation» de cette cuisine graisseuse, avec l'apparition des grandes chaînes américaines et la lente disparition des petits restaurants de quartier, mais aussi à l'origine de toute cette malbouffe et tout particulièrement à notre vénérée poutine... Pour nous guider dans ce périple dans le temps, on a fait appel à des spécialistes de l'alimentation (dont notre collègue Fabien Deglise), mais aussi à d'actuels et anciens propriétaires de «roulottes» et à des amoureux de la patate connus du public, dont certains sont aujourd'hui disparus (Marcel Béliveau, Pierre Falardeau et l'anthropologue Bernard Arcand). Il faut également souligner l'abondance des images d'archives de toutes les époques, des images qui donnent une envie irrésistible d'un casseau de grosses graisseuses.

Les Rois de la patate - Historia, 20h

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