À voir à la télévision le mardi 9 mars - Pour les orphelins d'Haïti

Chaque hiver, le capitaine Jean-Paul Michaud transporte par bateau jusqu'à Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, des dons que des ONG de l'est du Québec ont récoltés durant toute une année. Un périple de quelque 4500 kilomètres.

Le Voyage du capitaine Michaud de Yann Langevin, un documentaire réalisé avant le terrible séisme du 12 janvier dernier, relate l'aventure rocambolesque de cet infatigable Gaspésien, de son départ de Sainte-Anne-des-Monts jusqu'à son arrivée, plusieurs semaines plus tard, à Port-au-Prince, à Haïti.

Aux commandes d'un bateau humanitaire de 29 tonneaux — un ancien crabier que le vaillant capitaine a retapé pendant près de deux ans —, le capitaine Michaud transporte vêtements, médicaments, vélos et bidules de toutes sortes pour les donner aux plus pauvres.

Le fringant septuagénaire, qui rejoint les Caraïbes par les fleuves Saint-Laurent et Hudson, rencontre sur son chemin la statue de la Liberté, les dauphins nageant au large des côtes floridiennes et les luxueux yachts amarrés dans le port de Freeport. On voit également le capitaine Michaud s'amuser à mettre les gaz à sa sortie des marinas, abîmant les quais, sous les regards hébétés des personnes qui y travaillent. Un véritable boat movie, quoi!

Le capitaine Michaud est secondé dans son périple non sans embûches par Yvon Bastarache, puis Albert Limoges, tous deux navigateurs. Une panne du moteur de son bateau en pleine mer viendra lui donner bien des maux de tête. «C'est le pire voyage que j'aie jamais fait de ma vie», lâche-t-il alors qu'il est coincé aux Bahamas, tout en donnant des coups sur la table de son bateau, qui prend au cours de l'aventure des allures de rafiot. Il parviendra néanmoins, contre vents et marées, à atteindre Port-au-Prince et à distribuer sa cargaison dans différents orphelinats.

C'est d'ailleurs sa rencontre avec des enfants orphelins d'Haïti qui viendra donner tout son sens au dur labeur qu'il s'est imposé année après année. «Il faut être décidé pour faire ce qu'on fait. Mais c'est plaisant quand tu arrives là-bas et que tu donnes quelque chose. C'est apprécié, dit M. Michaud. J'ai connu la vraie misère. Icitte, on n'en a pas, de misère.»

Le Voyage du capitaine Michaud - RDI, 20h