À voir à la télévision le vendredi 5 mars - Ensemble, c'est tout

Bien des films se sont penchés sur le thème du parent qui pousse un enfant doué vers le succès. Que ce soit par ambition (le père dans Shine), par orgueil (la mère de Madame Sousatzka), par obsession (celle de Belissima) ou par abnégation, comme c'est le cas du père dans Le Virtuose, de Chen Kaige.

Le virtuose du titre, c'est Liu Xiaochun, un adolescent prodige du violon dont le père, Liu Cheng, a toujours soutenu financièrement le talent et veillé à son sain épanouissement. Modeste cuisinier, Liu Cheng entreprend avec son fils un périple jusqu'à Pékin afin que Xiaochun puisse participer à un concours organisé par une prestigieuse école de musique. Même s'il n'est pas retenu, l'adolescent se voit offrir l'occasion de devenir le pupille d'un des professeurs de ladite école. Ce faisant, il tombe amoureux d'une jolie voisine, ce qui compromet, comme on peut s'y attendre, son art. De nouvelles démarches de papa, un nouveau professeur, un nouveau concours et quelques secrets de famille plus tard, Xiaochun pourra enfin faire ses propres choix.

Après plus de vingt-cinq ans d'une carrière internationale de premier plan, l'inoubliable Adieu ma concubine demeure l'oeuvre la plus marquante de la filmographie du cinéaste chinois Chen Kaige. Loin des coûteuses fresques historiques L'Empereur et l'Assassin et La Promise, Le Virtuose privilégie une trame plus intimiste, quoique la manière d'aborder celle-ci demeure parfois un brin emphatique.

Fidèle à sa réputation, Chen propose des images très belles composées avec soin et une palette

rendant compte d'une indéniable sensibilité esthétique. La mise en scène est fluide et témoigne de l'assurance d'un réalisateur expérimenté.

Pas beaucoup de personnalité cette fois-ci, mais du talent, certainement. Il en va de même pour le scénario, bien construit, efficace, mais sans grande surprise. Un beau film, sans être un grand film, mais en aucun cas une perte de temps.

Cinéma / Le Virtuose
Télé-Québec, 23h30