À voir à la télévision le jeudi 4 mars - La fin de l'innocence

Après le succès de son premier long métrage, Beauté américaine, Sam Mendes, alors surtout connu comme metteur en scène au théâtre, a un peu pris son monde par surprise avec son projet suivant, La Voie de perdition, d'après un graphic novel se déroulant durant la Grande Dépression. Les réserves ont toutefois vite laissé place à une admiration renouvelée, et pour cause: opus violent et poétique, La Voie de perdition est au surplus un très touchant récit sur les relations père-fils.

Michael Sullivan Jr. est dans de beaux draps: faisant fi des consignes de son père, il a suivi ce dernier lors d'une de ses mystérieuses équipées nocturnes. Horreur: papa est un tueur à la solde de John Rooney, que le gamin considérait jusque-là comme un gentil tonton. Cet éveil est d'autant plus brutal que Michael Jr. est témoin d'un horrible drame qui met sa vie en danger. Père et fils, qui se connaissent finalement bien peu, doivent fuir ensemble.

La Voie de perdition appartient à cette classe à part qui représente ce que Hollywood peut faire de mieux quand il s'en donne la peine. Qu'il s'agisse des compositions picturales du directeur photo Conrad Hall, inspirées des tableaux d'Edward Hopper, ou de la réalisation virtuose de Mendes, qui maîtrisait déjà manifestement le langage cinématographique, tout, ici, est magnifié par le talent et les moyens mis au service d'une intrigue solide aux thèmes porteurs (filiation, vengeance, rédemption).

La remarquable distribution est plus qu'à la hauteur: Tom Hanks excelle en patriarche morose mais bien intentionné; le jeune Tyler Hoechlin est complètement crédible et le regretté Paul Newman, dans l'un de ses derniers rôles, compose un «méchant» tragique et nuancé. Daniel Craig, Jude Law et Jennifer Jason Leigh complètent l'ensemble. À voir en format panoramique, ou pas du tout.

Cinéma / La Voie de perdition
TVA, 23h45