À voir à la télévision - Toute une soirée avec Borduas

Paul-Émile Borduas, né à Saint-Hilaire en 1905, est mort à Paris il y a tout juste 50 ans, le 22 février 1960. Les commémorations n'abondent pas. Sauf erreur, aucun musée ni aucun éditeur ne soulignent l'événement. Heureusement, le Cercle des collectionneurs et la galerie Lacerte de Québec rachètent un peu la faute en présentant une vingtaine de toiles de la période automatiste (1942-1959) et trois conférences livrées hier, dimanche et lundi par les artistes Françoise Sullivan et Marcel Barbeau, et la critique d'art Ninon Gauthier.

Artv fait aussi ce que doit avec une programmation exceptionnelle qui enchaîne deux productions de très haute tenue. Cette soirée Borduas débute par la présentation des Enfants de Refus global, un essai documentaire de Manon Barbeau, fille du peintre signataire du fameux manifeste Refus global.

Faut-il vraiment représenter cette production? Mme Barbeau donne la parole aux rejetons des refusglobalistes qui ont subi, comme elle, les conséquences des choix révolutionnaires de leurs célèbres parents, un héritage fait d'abandon et de liberté. La franchise de l'examen soulève finalement de troublantes et tragiques questions: à quoi bon aimer le monde si c'est pour négliger ses proches? Peut-on tout à la fois faire le beau et le mal, même malgré soi?

L'autre proposition de la soirée fascine tout autant. Il s'agit d'un documentaire conduit par l'historien de l'art Guy Viau et le réalisateur Marcel Blouin, deux ans après la mort du maître. Le ton emphatique et didactique, franchement très franchouillard, étonne et fascine, rappelle d'où vient une part de la télé. Mais bon, c'est très bien fait et, surtout, le sujet s'avère extrêmement bien traité, avec des documents d'archives, des extraits d'entrevues avec le peintre, des témoignages de ses proches (son frère, sa femme Gabrielle, Claude Gauvreau...) et même des images de ses deux maisons de Saint-Hilaire.

Premier plan / Paul-Émile Borduas
Artv, 23h10