À voir à la télévision - New York, le psy, sa fille et son amant

Grâce, entre autres, à des oeuvres ayant marqué leur époque, comme Midnight Cowboy en 1969, ou dans l'air de leur temps, comme Crossing Delancey en 1988, New York et le septième art vivent depuis longtemps une belle et féconde histoire d'amour. Woody Allen, pendant la majeure partie de son illustre carrière, en a fait sa muse. Même s'il s'ouvre dans le bureau d'un psy new-yorkais, The Wackness puise cependant ailleurs que chez le réalisateur de Manhattan son inspiration. Et inspiration il y a.

Shapiro, un jeune dealer taciturne, ne se montre guère requinqué par l'obtention de son diplôme d'études secondaires. L'avenir ne lui dit rien et il préfère diviser équitablement son temps entre sa chambre (ses parents habitent l'Upper East Side), ses clients et le bureau d'un psychiatre, le docteur Squires, qui lui offre des séances à l'oeil en échange de quelques grammes de pot. D'abord «professionnelle», leur relation prend la tangente de l'amitié quand il appert que ces deux êtres esseulés vivent une similaire crise existentielle. Les sentiments que nourrit Shapiro à l'égard de Stephanie, la belle-fille de Squires, mettront cependant à l'épreuve ce rapport privilégié.

Le concept n'est pas neuf (si jeunesse savait, si vieillesse pouvait) et The Wackness ne prétend pas réinventer la roue. Mais en faisant de New York un personnage à part entière et, surtout, en campant l'action à l'été 1994, alors que le maire Giuliani entamait son entreprise d'assainissement, le film se distingue. Réticent à voir Time Square se transformer en Disneyland, un Squires sous influence se fendra d'ailleurs d'un plaidoyer bien senti.

The Wackness bénéficie d'une mise en scène concertée. Travaillant en parfaite symbiose avec sa directrice photo et son monteur, le jeune cinéaste Jonathan Levine parvient à créer des ambiances impressionnistes épousant parfaitement les humeurs parfois éthérées des deux protagonistes. Enfin, les échanges spirituels dont regorge le scénario sont livrés par un Ben Kingsley inspiré et un Josh Peck exsudant une touchante mélancolie. À découvrir.

Cinéma / Thérapie pour mon psy, Artv, 23h30