À voir à la télévision - D'autres images de l'Holocauste

Les guerres se terminent rarement à la signature des traités de paix. En 1945, les hommes cachés derrière le masque d'horreur du nazisme ne disparaissent pas d'un coup. Ils continuent de tracer, tête haute, le sillon de leur existence, le plus souvent sans la moindre repentance, en Allemagne comme à l'étranger.

Ce documentaire, riche d'une multitude d'images inédites, montre, entre autres choses, à quel point la rapidité avec laquelle la justice de l'après-guerre tente de frapper les bourreaux a peu à voir avec la justice véritable. Sévices et exécutions capitales se multiplient, comme si le sang pouvait laver le sang.

Près de 800 nazis sont pendus par les puissances de l'Ouest dans les mois qui suivent la fin du conflit. À l'Est, les Soviétiques exé-cutent eux aussi par centaines. Ces exécutions sont aussi rapides que les procès qui les commandent. L'épuration prend l'allure d'un fleuve de sang qui n'endigue pas pour autant l'horreur des camps de la mort nazis.

Le procès de Nuremberg, qui met en cause une vingtaine de chefs allemands, donne un vernis d'ordre à ce désordre manifeste. Puis, tout s'essouffle. La vie continue. Les criminels continuent de vivre comme si de rien n'était, même si plusieurs ont dû choisir l'exil. Adolf Eichmann, notamment, le responsable de la logistique des camps de la mort nazis, élève de doux petits lapins en Amérique du Sud sous le pseudonyme de Riccardo Klement. D'autres nazis continuent leurs activités politiques en Allemagne, sans souffrir de leur passé criminel.

Il faut des individus décidés, des Klarsfeld et des Wiesenthal, pour traquer les monstres des camps de la mort. Voici leur histoire. Et celles, en contrepoint, de ces hommes tapis aux quatre coins du monde, sans le moindre regret.

La Traque des nazis, TV5, 21h