À voir à la télévision - Un autre tandem de Leconte

On a longtemps eu du mal à accoler l'étiquette d'auteur à Patrice Leconte. Même après l'éblouissant, et alors aty-pique pour lui, Monsieur Hire, ses premiers films (le culte Les Bronzés, Viens chez moi, j'habite chez une copine, Les Spécialistes, etc.) revenaient encore le hanter auprès des cinéphiles qui n'accordent pas leur amour inconditionnel à qui le veut.

Le virage avait déjà été entamé en douce avec Tandem, mais c'est Le Mari de la coiffeuse qui scella le nouveau statut du cinéaste qui, s'il continua d'avoir ses détracteurs, vit néanmoins toutes ses oeuvres subséquentes être prises au sérieux. Mon meilleur ami a de ce fait joui des mêmes égards lors de sa sortie. S'il ne s'agit pas d'un échec, on peut toutefois se réjouir que Leconte soit revenu sur sa décision d'en faire son chant du cygne.

Mon meilleur ami, c'est Bruno, un chauffeur de taxi parisien qui rêve de participer à l'émission Question pour un champion et qui ignore encore qu'il deviendra avant la fin du film la personne qui compte le plus pour François, un marchand d'art qui mène une existence bien différente de la sienne. Ces liens survivront-ils au choc provoqué par la révélation que le premier ne s'est retrouvé dans la vie du second que pour les besoins d'un pari?

Leconte n'est jamais aussi inspiré que lorsqu'il filme des duos en apparence mal assortis, mais en fin de compte logiques: un voyeur et une exhibitionniste (Monsieur Hire); un lanceur de couteaux et une jeune femme suicidaire (La fille sur le pont). Et cette filière n'est jamais aussi inspirante que lorsque le drame prend le pas sur l'humour, présent à petites doses (L'homme du train, Confidences trop intimes). Dans Mon meilleur ami, c'est l'inverse qui survient et, au final, la magie Leconte n'y opère pas. Le drame apparaît trop gros pour émouvoir et la comédie, trop lourde pour faire rire. Reste les cadrages du cinéaste, toujours aussi soignés, et une interprétation très attachante de Dany Boon.

Cinéma / Mon meilleur ami, Télé-Québec, 22h30