Télévision à la une - La couverture de tous les records

Que l'orgie médiatico-sportive commence! En plus, cette fois, il sera possible de tout voir, de ne rien manquer. Les diffuseurs officiels de Vancouver 2010 (V, RDS, TSN et CTV) ont annoncé qu'ils proposeraient ensemble plus de 800 heures de couverture en HD et en direct, ce qui représente à peu près le double de la couverture de Pékin en français au Canada (463 heures) et plus de deux fois la quantité de la couverture de Turin 2006 (375 heures).

C'est loin d'être tout le grand tout. Le consortium de relais des images et des commentaires propose pas moins de 14 diffusions simultanées en direct sur Internet, qui totaliseront plus de 2350 heures decouverture en ligne exclusive des épreuves. C'est-à-dire que toutes, mais alors toutes les activités sportives pourront être visionnées, y compris la descente en bobsleigh des Jamaïquains, s'il s'en trouve encore.

Médias sociaux

Les médias sociaux ne sont pas en reste. Différentes pages Facebook (comme facebook.com/RDSolympiques), une chaîne YouTube (youtube.com/ctvolympics), des zones de clavardage et d'autres bébelles vont faire de ces Jeux les premiers de l'ère des réseaux sociaux. La télé toute seule, ça fait tellement 2005...

Ce n'est toujours pas tout. Les autres réseaux multiplient les efforts. TVA a dépêché des journalistes pour couvrir Vancouver, dont Richard Latendresse, qui été vertement critiqué jusqu'en Europe pour sa couverture de la tragédie haïtienne, on peut le répéter.

Lys d'or

Le réseau de Quebecor redonne vie à son programme Lys d'or de reconnaissance de l'excellence des athlètes québécois aux Jeux olympiques, en fonction d'objectifs chiffrés (telle place à telle épreuve). Salut, bonjour! et les bulletins d'information diffusent des capsules depuis des semaines. Les olympiens d'ici qui atteindront là-bas leur objectif mériteront un Lys d'or ainsi qu'une bourse de 3000 $.

Radio-Canada, l'appareil médiatique d'État qui n'a pas obtenu le contrat de diffusion, se venge un peu en offrant une couverture étendue. La télé en fait beaucoup, par exemple en proposant des résumés des épreuves sportives en soirée, de 23h à minuit (Pleins feux sur Vancouver).

Tout devient prétexte à diffuser des émissions sur ou de Vancouver. L'émission L'Épicerie arrive du marché Granville de la ville; Découverte s'intéresse à la science des sports d'hiver; Les Boys sont «en route vers Vancouver»; Infoman y sera deux jeudis de suite et on dit déjà merci.

La radio s'en mêle itou. Le 95,1 FM adapte sa programmation en conséquence. L'émission des Remarquables oubliés s'intéresse par exemple à des sports d'hiver (le ski de fond, le hockey...).

Même Ados-Radio en sera avec ses portraits de jeunes de ce coin du pays. Espace Musique (le 100,7 FM à Montréal) propose notamment une émission quotidienne avec Monique Giroux. La radio de la région de Vancouver est transformée en chaîne culturelle consacrée aux arts et aux artistes du pays.

Ça nous changera du hockey

À ceux qui se désolent de voir tant de place accordée à une coûteuse bamboula sportive, fût-elle mondiale et multidisciplinaire (Ah! le curling...), répliquons qu'au moins, pour une fois, ça nous changera du hockey. Cette semaine, alors que tous les médias du Québec n'en avaient que pour la démission du directeur général du Canadien de Montréal, la firme Influence communication établissait que les mêmes médias avaient passé la semaine précédente à se pâmer pour des infos sportives qui ont finalement accaparé quatre des cinq premières positions au Québec entre le 2 et le 8 février.

Les informations concernaient, dans l'ordre, le Super Bowl (3,21 % du poids média), Vancouver 2010 (2,59 %), les victoires et défaites du Canadien de Montréal (2,37 %), le séisme en Haïti (2,31 %) et la perte de Cammalleri par le Canadien (0,76 %).

Dans la liste des dix personnalités les plus médiatisées depuis le début de l'année, il ne s'en trouve d'ailleurs que deux qui ne proviennent pas du hockey. Pas juste du sport, mais bien précisément du hockey.

Il s'agit, en l'occurrence, de Stephen Harper et de Barack Obama. Jean Charest glisse en 11e place de cette liste dominée par Jacques Martin et Michael Cammalleri. En fait, entre le 27 janvier et le 4 février, le poids de ce dernier a été l'équivalent de toute l'attention médiatique accordée au Québec pendant la même période aux autochtones, aux aînés, à la pauvreté, au jeu compulsif et aux nouvelles internationales, en excluant Haïti.

Une orgie médiatico-sportive qui dure et perdure...