Un film d’animation végétarien

Depuis leur apparition dans un premier court métrage en 1989, Wallace et son fidèle cabot Gromit ont conquis bien des cœurs, petits et grands. D’abord surtout connues des festivaliers dans nos contrées, les créations du Britannique Nick Park ont vite migré vers de plus vastes réseaux de distribution et se sont rapidement taillé une place enviable dans le monde très compétitif de l’animation.

Après trois courts, Park et son complice Steve Box se sont finalement attelés à la conception d’un long métrage. Le résultat, Wallace et Gromit et le mystère du lapin-garou, ne dépare certainement pas leur estimée filmographie.

On y retrouve évidemment nos deux larrons, Wallace et Gromit, alors que le premier poursuit ses recherches et accouche d’inventions toujours plus farfelues les unes que les autres sous le regard affûté de son fidèle, et muet, compagnon canin. Reconvertie en chenil pour lapins à l’approche du concours de légumes géants présidé par la charmante lady Tottington, leur propriété sera bientôt le théâtre d’une désastreuse expérience.

En effet, en voulant laver le cerveau des lapins afin que ceux-ci ne dévorent pas les précieux légumes finalistes, Wallace crée une mutation chez l’une des bêtes qui adopte dès lors certains des comportements de ce docteur Frankenstein improvisé. Et quand, plus tard, les potagers sont mis à sac, tous les yeux se tournent vers la créature.

Park et Box sont des maîtres de la technique d’animation dite «stop-motion», très exigeante sur le plan technique puisque consistant à animer, une légère manipulation à la fois, des figurines de pâte à modeler. À contre-courant de la production hollywoodienne qui n’en a que pour les ordinateurs et les effets 3D, cette approche se révèle rafraîchissante. D’une simplicité qui n’est qu’apparente, ce mode de création est très ancré dans le monde matériel et cette dimension «palpable» explique probablement une partie de son succès auprès des enfants. Les adultes, eux, s’amuseront ferme en dénombrant les nombreux clins d’œil cinématographiques contenus dans le film.

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