Le manège de l’amour

Nous savions depuis longtemps qu’Yves Pelletier avait beaucoup d’humour et d’insolence, la marque de commerce du groupe Rock et Belles Oreilles, mais qui aurait cru qu’il pouvait aussi être un indécrottable romantique? C’est ce qui étonne, et enchante, dans Les Aimants (2004), son premier film en tant que réalisateur, déjà rompu à l’art exigeant de la scénarisation (Karmina 1 et 2).

Il nous convie ici à un charmant marivaudage où les portes claquent, où les quiproquos se multiplient et où les billets doux tombent entre les mauvaises mains. Ce ballet des frissons amoureux, et des vilains mensonges, prend dans Les Aimants une forme particulièrement séduisante. Le cinéaste émaille le récit de références littéraires, musicales et artistiques (entre autres à la peinture de Vermeer, avec un appartement ressemblant drôlement à l’atelier du peintre... et à celui de Colin Firth dans Girl With a Pearl Earring!), en plus d’y insérer des notions scientifiques sur l’attraction magnétique.

En effet, c’est grâce à de petits aimants collés sur la porte du réfrigérateur que Jeanne (Sylvie Moreau) communique avec son futur époux, tous deux pris dans le tourbillon de la vie. De retour de voyage, sa sœur cadette Julie (Isabelle Blais) débarque chez elle et, tout en camouflant l’absence de Jeanne — partie rejoindre son amant avant de devenir une épouse fidèle... —, décide de modifier les messages pour les rendre plus romantiques. Lors de sa première rencontre avec son futur beau-frère, elle cache sa véritable identité, mais la jeune fille au turban ignore qu’elle n’est pas la seule à savoir taire la vérité.

Ce ne sont que quelques-unes des surprises qui vous attendent dans ce charmant manège amoureux, agrémenté par la musique pop délicieusement accrocheuse de Dumas et Carl Bastien. Une petite réussite au charme fou signée par un grand impertinent au cœur tendre.

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