Télévision - Radio-Canada lève le masque de Trauma

Il existe des thèses de doctorat sur les séries télévisées campées dans le milieu médical. À elle seule, en un demi-siècle, la télévision américaine a développé au moins une cinquantaine de «medical dramas». General Hospital dure et s'endure depuis 1963. Grey's Anatomy et House M.D tiennent les ondes depuis cinq ans. Le docteur a toujours la cote.

La prolifique Fabienne Larouche elle-même a coscénarisé Urgence, il y a une décennie, avec le journaliste Réjean Tremblay. Elle explore à nouveau cette très riche matière à drames avec Trauma, qui sera diffusée à la télévision de Radio-Canada à compter du 5 janvier. Comme on a pu le vérifier de visu hier, chaque épisode s'articule autour d'un cas médical lié à une intrigue humaine ou éthique qui résonne à l'intérieur des membres de l'équipe dirigée par Julie Lemieux (campée par Isabel Richer), chef du service de traumatologie d'un hôpital montréalais.

«C'est une série que j'avais en tête depuis longtemps», a expliqué hier Mme Larouche aux journalistes. Elle a jonglé pendant quatre années à Trauma. Elle travaille déjà à une deuxième saison. «Urgence était plus administrative et politique. Dans Trauma, il y a très peu de politique. C'est la "bebitte" du médecin qui nous intéresse.»

Elle a ajouté que la traumatologie demeure très peu connue du grand public. Cette spécialité s'occupe des traumatismes physiques violents résultant de chutes, de coups, de chocs ou d'accident. C'est la médecine de l'urgence, à son extrême limite.

«Les traumatologues sont des êtres névrosés, juge Mme Larouche. Ils se soignent en guérissant les autres.»

Elle confie avoir «travaillé la vraisemblance», en s'inspirant de cas véridiques, la plupart du temps et en montrant les traumatismes comme les interventions chirurgicales, ouvertures au scalpel comprises. Comme le veut la forme éprouvée du «drame médical», les renseignements didactiques abondent. «Je veux que les chirurgiens s'assoient le mardi soir devant leur télé et disent que ça se peut», souhaite la scénariste.

En tout cas, l'hôpital imaginé, très design, équipé à la fine pointe, va les faire rêver. Le Complexe des Sciences de l'UQAM a fourni le décor à cette espèce de futur CHUM. Et dans cet hôpital, tout le monde, ou presque, est beau, ou l'a déjà été. Mais bon, hein, c'est juste de la télévision...