Trois chorégraphes contre la disparition du théâtre Maisonneuve

Édouard Lock, Ginette Laurin et Paul-André Fortier, trois gros chaussons de la danse au Québec, dénoncent à leur tour la possibilité de transformation du théâtre Maisonneuve de la Place des Arts (PdA) en salle de concert pour l'OSM. Le trio de chorégraphes a signé une lettre envoyée à la ministre de la Culture, Line Beauchamp.

«Nous nous joignons ici au milieu de la danse, aux Grands Ballets canadiens, la compagnie de ballet résidente à la Place des Arts, et à Danse Danse, diffuseur qui y présente une saison, qui se sont insurgés contre cette éventualité», dit la missive en faisant référence à l'hypothèse de mutation du théâtre Maisonneuve, décrit comme «l'une des meilleures salles pour la danse en Amérique du Nord». Le texte envoyé cette semaine, dont Le Devoir a obtenu copie, affirme «l'importance de conserver cette salle, essentielle pour la danse et pour assurer son développement».

La Compagnie Jean Duceppe, également résidente de la PdA, ainsi qu'au moins un producteur indépendant, locataire du théâtre Maisonneuve plusieurs semaines par année, ont également dénoncé dans Le Devoir l'idée de reconfigurer la salle. Cette possibilité n'a pas encore été confirmée par Québec, qui retient les commentaires sur le dossier pendant que se poursuit l'examen des solutions proposées par quatre consortiums pour la salle de l'OSM.

La lettre des chorégraphes rappelle la crise qui frappe actuellement la danse contemporaine avec la disparition d'un festival, la fermeture de la Fondation Jean-Pierre Perreault et les difficultés financières des compagnies. «Faut-il handicaper la danse encore davantage en la privant de la seule grande salle adaptée à ses besoins?», demandent-ils.

Rappelons que deux des trois signataires sont depuis peu installés à la PdA. Ginette Laurin et sa compagnie O Vertigo viennent d'y inaugurer un laboratoire et des bureaux administratifs. Paul-André Savoie y travaille en résidence, à la Cinquième Salle.