À quand la fin du masque pour les danseurs sur les plateaux télé? 

Sur le plateau de «Star Académie», on préfère redoubler de prudence pour protéger les académiciens.
Photo: Eric Myre Sur le plateau de «Star Académie», on préfère redoubler de prudence pour protéger les académiciens.

Plusieurs danseurs professionnels ont le sentiment d’être traités comme des artistes de seconde zone, eux qui sont encore obligés de porter le masque durant leurs performances dans les émissions de variétés alors que les musiciens et les autres invités peuvent le retirer depuis déjà quelques semaines.

Dimanche dernier, par exemple, la plupart des danseurs sur le plateau de Star Académie ont dû garder le couvre-visage tout au long du gala. Or, ces dernières semaines, les musiciens ont pu abandonner le couvre-visage sur scène. Les drag-queens qui ont participé au numéro de Mitsou le mois passé n’étaient pas non plus masquées, même si elles ne chantaient pas. Pas plus d’ailleurs que les femmes victimes de violence conjugale qui ont rejoint Laurence Jalbert lors de sa prestation quelques semaines plus tôt.

Une injustice, dit la danseuse et chorégraphe Lauri-Ann Lauzon, qui souligne à quel point le masque est encombrant pour une activité comme la danse, qui nécessite un effort physique important. « Pourquoi ne peut-on pas être juste testés et vaccinés, comme tous les autres artistes ? Pourquoi, encore une fois, les danseurs passent-ils en dernier ? » se questionne-t-elle. « L’an dernier, en plein couvre-feu, les joueurs de hockey pouvaient continuer de jouer sans masque, alors que nous, on ne peut même pas encore le retirer aujourd’hui, même si on pratique aussi une activité intense physiquement. »

Son cri du cœur sur les réseaux sociaux a été repris par plusieurs de ses collègues depuis lundi. En entrevue au Devoir, Lauri-Ann Lauzon a tenu à préciser qu’elle ne visait pas en particulier Star Académie, une production exemplaire en ce qui concerne les conditions de travail offertes aux danseurs, ajoute-t-elle. Au-delà de la question du masque, l’ex-participante du concours Révolution dit plutôt vouloir susciter une prise de conscience dans un milieu culturel où, selon elle, sa profession est trop peu considérée.

Différent sur scène et à la télé

Le Regroupement québécois de la danse rappelle qu’en vertu des règles sanitaires actuelles, les danseurs peuvent former une bulle s’ils sont adéquatement vaccinés, et ainsi se produire sans couvre-visage ou distanciation. Dans plusieurs spectacles de danse, d’ailleurs, les artistes n’ont plus la bouche et le nez couverts comme cela a pu être le cas lors d’autres phases de la pandémie.

L’an dernier, en plein couvre-feu, les joueurs de hockey pouvaient continuer de jouer sans masque, alors que nous, on ne peut même pas encore le retirer aujourd’hui, même si on pratique aussi une activité intense physiquement

 

Mais sur le plateau de Star Académie, on préfère redoubler de prudence pour protéger les académiciens. Dès qu’un danseur se trouve à moins d’un mètre d’un des participants lors d’un numéro, il est tenu de garder son couvre-visage. « Par exemple, dimanche dernier, lors du numéro de [la chorégraphe] Lydia Bouchard, les danseurs étaient masqués puisqu’il était impossible de respecter la distanciation d’un mètre avec les académiciens tout au long du numéro. Une seule danseuse qui se trouvait à plus d’un mètre des candidats lors d’un des segments de ce numéro a pu retirer son masque », a expliqué par courriel l’attaché de presse du télécrochet, Junior Bombardier.

Les danseurs sont également masqués sur le plateau d’En direct de l’univers, diffusé à Radio-Canada. La productrice et animatrice de l'émission, France Beaudoin, a expliqué mercredi qu'il s'agit d'une directive de Radio-Canada, qui oblige encore le port du couvre-visage lorsqu'une distanciation de deux mètres est impossible sur les plateaux de télé.

« Pour les musiciens, on peut leur dire ne pas bouger et et ainsi assurer une distanciation de deux mètres, mais pour les danseurs, c'est impossible », poursuit-elle, en indiquant être tout à fait consciente des conditions de travail difficiles des danseurs depuis le début de la pandémie.


Ce texte a été mis à jour après publication pour ajouter la réaction de la productrice et animatrice d’En direct de l’univers.

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