Profil bas, tête haute

Photos: Festival des arts de saint-sauveur
Photo: Photos: Festival des arts de saint-sauveur

Avec des compagnies de ballet peu connues mais de fort calibre et quelques têtes d'affiche, le Festival des arts de Saint-Sauveur fait profil bas tout en gardant la tête bien haute.

Sa huitième édition qui s'amorce ce soir offre ainsi un programme à l'image de sa nouvelle directrice artistique. L'humble et généreuse première danseuse des Grands Ballets canadiens, Anik Bissonnette, pilote tout le volet danse de l'événement. Pour sa première direction à part entière (elle en partageait la charge l'an dernier), elle a choisi de présenter, pour les temps forts du festival, deux jeunes compagnies américaines qui rivalisent d'excellence, le Ballet Internationale d'Indianapolis et le Aspen Santa Fe Ballet. «Ce que je trouvais intéressant, c'est que ce sont deux compagnies très différentes mais enracinées dans la même source: le ballet classique», note-t-elle.

Le Ballet Internationale ouvre le festival ce soir et demain avec un programme double, Carmen et Trésors des ballets russes. Dirigée depuis dix ans par Eldar Aliev, une étoile du Kirov, la célèbre troupe de Saint-Pétersbourg qui a donné ses lettres de noblesse au ballet russe, la compagnie américaine excelle dans le répertoire de cet âge d'or du ballet. «C'est la compagnie pure classique du festival», souligne Anik Bissonnette, rappelant du même souffle qu'avec le public qu'il s'est acquis au fil des ans, le FAST s'est engagé à offrir le meilleur de la tradition classique du ballet.

Avec ses cinq médaillés d'or lors de compétitions diverses, la troupe de 18 danseurs offrira une oeuvre intégrale à grand déploiement, Carmen, signée par un chorégraphe cubain, Alberto Alonzo. «C'est le beau-frère d'Alicia Alonzo», primadonna cubaine qui dansait encore à 70 ans, même si elle avait perdu la vue, précise la directrice artistique. En seconde partie, les Trésors des ballets russes réuniront des extraits de ce répertoire mythique, incluant le célèbre pas de deux de La Mort du cygne ainsi qu'une scène des Sylphides.

Après une relâche lundi, le festival se poursuit mené par de grandes figures féminines de la danse québécoise. Margie Gillis, qui a fêté ses 30 ans de carrière à Montréal au cours de la saison dernière, offre, mardi, au public des Laurentides une version spéciale de ce spectacle commémoratif. L'ex-première danseuse Gioconda Barbuto, actuellement ballerine pour le prestigieux NDT3, compagnie néerlandaise composée de danseurs de plus de 40 ans, prend le relais mercredi avec un solo de son cru.

Le week-end suivant s'arrime autour de la performance plus contemporaine du Aspen Santa Fe Ballet. «Partout où ils vont, les critiques sont formidables», signale Mme Bissonnette. La compagnie propose un programme triple composé d'oeuvres de chorégraphes américains actuels: une création de la compagnie Momix, qui fait dans la danse à haute voltige, une autre du jeune Nicolo Fonte qui a déjà dansé pour les GBC et Nacho Duato, et une troisième de Trey McIntyre, l'un des jeunes chorégraphes du New York City Ballet.

Dans l'optique de maillages de plus en plus fréquents entre le FAST et les GBC, l'ex-premier danseur Mario Radacovski a créé une oeuvre pour le Jeune Ballet du Québec, qui clôturera le festival le 8 août. «Il faut aider la relève», lance Anik Bissonnette à propos de cette troupe pré-professionnelle constituée de finissants de l'École nationale de ballet contemporain. «Mario a énormément de talent, note celle qui a été sa partenaire jusqu'à la fin toute récente (ce printemps) de sa carrière au sein des GBC. La pièce qu'il a créée l'an dernier pour la soirée des Solistes du Québec dans le cadre du festival a été un succès. On voit en lui l'influence du grand maître du néoclassique Jiri Kylian.»

Le FAST est aussi réputé pour sa programmation musicale. Il a notamment invité le Chicago Children Choir, un choeur de renommée mondiale composé de soixante enfants. Le baryton Gino Quilico, vedette d'opéra internationale, sera de la fête vendredi soir prochain.

FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR

Du 30 juillet au 8 août

www.artssaintsauveur.com