Les flâneurs


Odile Tremblay

Poésie dansante

Ghost, de la compagnie Tentacle Tribe, dirigée par la Canadienne Emmanuelle Lê Phan et le Suédois Elon Höglund, est un spectacle pétri de poésie de la zone, d’humour, de précision technique qui éblouit. Avec des jeux de mains coulissantes, des capuchons, des jets de lumière, des ballons, des figures de groupe remarquables et une imagination délirante, leur univers de rue, de pulsations et de rêves, sur une musique d’hypnose, crée l’envoûtement.

 


Caroline Montpetit

De la beauté en toute chose

Giorgio Ferrero a écrit le documentaire Beautiful Things, présenté aux RIDM, alors qu’il était en pleine crise de sens, lui qui travaillait à la fois en publicité et dans le monde de l’art. Le film qui en a résulté est une réflexion à la fois minimaliste et esthétique sur la surconsommation. Il nous y présente quatre hommes, qui accompagnent les objets de consommation dans leur périple absurde, de leur création à leur destruction. On y rencontre un homme qui travaille dans les puits de pétrole du Texas, un ingénieur qui accompagne les objets sur un cargo, un scientifique qui mesure les décibels que produisent les objets et un homme affecté à un incinérateur qui les réduit en flammes.

 


Catherine Lalonde

L’enfance en poésie

Avec Mont de rien, son huitième et très bellement édité recueil de poésie (L’Oie de Cravan), Maxime Catellier revisite son enfance. En petits blocs de vers simples, cristallins, parfois d’une vraie candeur, il compose sa propre Chronique de la dérive douce, en filiation avec Dany Laferrière, remplaçant l’exil par le fait d’être sorti de l’enfance et Montréal par Saint-Anaclet-de-Lessard. On dirait, parfois, une sorte de folk poétique, faite avec « une langue / pour faire apparaître / les choses au moment / de les dire // elle ne leur servait pas / à montrer les choses / mais à les faire ». Et ses deux poèmes en vers redisant des matchs de hockey, La bataille du vendredi saint et La veine de Clint Malarchuk, sont des morceaux d’anthologie.

 


Amélie Gaudreau

Merci, là, merci

C’est ce qu’on a le goût de dire au metteur en scène Claude Poissant et à la distribution de Bonjour, là, bonjour en sortant du théâtre Denise-Pelletier, comme l’ont fait à leur façon les adolescents qui les ont ovationnés avec enthousiasme lors de la représentation à laquelle nous avons assisté. Cette pièce de Michel Tremblay créée au coeur des années 1970, sur l’incapacité de dire « les vraies affaires » dans une famille plombée par les secrets, garde ici toute sa pertinence. Le décor, ingénieux, est un personnage à lui tout seul parmi cette galerie de figures à la fois émouvantes, drôles et pathétiques, incarnées avec beaucoup de justesse par les comédiens, au premier chef l’extraordinaire Gilles Renaud.