À voir à la télévision le vendredi 14 mai - Le film du spectacle à venir

La fiction se mêle au documentaire dans Salomé, de Carlos Saura, cinéaste amoureux de la danse, du flamenco en particulier, à qui l'on doit notamment Noces de sang (1981) et Carmen (1983). Il s'agit en quelque sorte d'un double making of, celui d'un ballet flamenco librement inspiré du personnage biblique et celui du film tiré de la création de ce ballet. C'est le film d'un spectacle encore à naître.

Dans la première partie, le réalisateur fait part de sa vision de l'histoire biblique, fasciné par la passion qui la traverse. Pour lui, en exigeant la tête de Jean le Baptiste, Salomé se venge de l'amour que ce dernier lui a refusé et du libertinage de sa mère avec son oncle, le roi Hérode. Cette passion se fera l'écho de plusieurs autres, celles des danseurs, du scénographe, du costumier, du chorégraphe et du cinéaste pour leur art respectif.

Les trois interprètes principaux (Aida Gomez, Pere Arquillé et Paco Mora) confient au réalisateur ce qui les a menés à la danse. Saura révèle aussi ses manies cinématographiques (dont on se délecte en même temps): une caméra qui participe à la chorégraphie, qui lèche les danseurs, des éclairages soignés qui saisissent leurs émotions. Car tous ces témoignages se conjuguent aux répétitions des scènes dansées sur le plateau de tournage.

Place au spectacle en seconde partie du film. On assiste alors à un superbe ballet flamenco, magistralement filmé par Saura. L'excès d'expressivité que secrète le ballet convient ici au propos, au traitement perfectionniste de Saura et, surtout, à l'intensité du flamenco.

Salomé

Artv, 21h