Danse - Quatuor pour la fin du temps

Composé et créé en 1941 dans un camp de concentration de la Pologne occupée, Quatuor pour la fin du temps du Français Olivier Messiaen (1908-1992) n'a de cesse de fasciner. Cette oeuvre de musique de chambre a d'ailleurs servi de point de départ à la première création de Code Universel, la nouvelle compagnie de danse de Daniel Bélanger, à Québec.

«... aux jours où l'on entendra la voix du septième ange, quand il sonnera de la trompette, alors sera consommé le mystère de Dieu.» Fervent catholique, Messiaen s'était inspiré de cet extrait de l'Apocalypse pour composer le Quatuor lors de sa détention dans un camp de la mort. En faisant des recherches plus poussées sur le compositeur français, Daniel Bélanger (aucun lien avec le chanteur du même nom) a découvert que l'oeuvre avait été interprétée pour la première fois dans le camp même, dans les douches. «Messiaen a créé la pièce dans un contexte complètement absurde qui dépassait l'humanité. D'une certaine façon, le contexte m'intéressait encore plus que la musique elle-même», lance le chorégraphe à propos du Quatuor, dont la version dansée sera lancée le 4 mars à Québec.

Bien connu comme danseur, Bélanger a travaillé pour O Vertigo, Danse Partout, le chorégraphe européen Ismaël Vo et Robert Lepage, sur La Géométrie des miracles, avant de revenir à Québec, ces dernières années, avec l'objectif de fonder sa propre compagnie. En entrevue, il souligne que son expérience en Allemagne et sa collaboration avec Lepage ont fait naître en lui un vif intérêt pour le théâtre et le multimédia auxquels Code Universel entend donner une place importante.

Professeur à l'École de danse, Bélanger est directement confronté aux difficultés des jeunes danseurs. Pour lancer sa compagnie, il s'est d'ailleurs associé à quatre jeunes danseuses fraîchement sorties de l'école — Amélie Bédard, Marie-Pierre Lamontagne, Jeneviève Magnan et Andréanne Masson.

Quant à la chorégraphie en tant que telle, elle témoigne jusque dans sa structure de l'influence de la musique de Messiaen, dont elle reproduit la logique sérielle et déconstruite. «J'ai essayé de créer une gamme de mouvements qu'on va juxtaposer, décortiquer, défaire, déplacer.» Ainsi, même si elle est très enracinée dans l'histoire, la chorégraphie ne la raconte pas pour autant. Bélanger parle plutôt d'une création symbolique et multidimensionnelle. «J'ai voulu lui donner une dimension théâtrale, que les gens puissent voir plus loin que le mouvement, jusqu'à la symbolique des choses.» Et de rappeler qu'en fou des couleurs et des vitraux, Messiaen cherchait justement dans sa musique à évoquer des images. «Il disait que sa musique était comme un vitrail. Quand tu le regardes de près, tu ne vois que les couleurs. Alors que de loin, tu peux voir les dessins.»

Les 3, 4, 5 et 6 mars à 20h

Au Studio d'essai de Méduse

591, Saint-Vallier Est, Québec