Danse - Une autre nuit de flamenco

S'il y a une soirée de flamenco qu'il ne faut pas manquer, c'est bien celle de Noche Flamenca. La troupe espagnole puise aux racines mêmes de l'art andalou pour livrer une prestation foudroyante, à la fois authentique et actuelle. À leur noble prestance, les danseurs, chanteurs et musiciens du groupe allient un charme d'un naturel désarmant.

«On essaie simplement de ne pas transformer le flamenco en un produit commercial débile qui cherche uniquement à mettre la foule en liesse, explique le directeur de la troupe, Martin Santangelo. Il s'agit plutôt que le public devienne complice de l'écoute mutuelle des artistes, qu'il voie que tout n'est pas prévu.»

En effet, à l'instar du jazz, l'art flamenco laisse une large place à l'improvisation, et son charme dérive bien souvent de la chimie particulière qui s'opère d'une part entre les danseurs et musiciens et, d'autre part, entre ces derniers et le public. «C'est ce que toute forme d'art devrait être», commente M. Santangelo. Un idéal qu'incarne bel et bien Noche Flamenca.

Des productions tape-à-l'oeil, il en existe pourtant. Et le charme exotique du flamenco n'y échappe pas. Martin Santangelo avoue en avoir déjà fait et s'en être rapidement lassé. «Personnellement, j'en ai marre des spectacles tout formatés, qui manquent d'âme, confie-t-il. J'aime bien mieux travailler avec de bons artistes, prêts à prendre des risques.»

Sa troupe s'amène de nouveau à Montréal avec une nouvelle mouture du spectacle qui a littéralement embrasé le Kola Note en 2000, 2001 et 2002. Cinq pièces sur sept sont inédites. Outre sa soleá maintes fois acclamée, la superbe danseuse étoile Soledad Barrio interprétera un nouveau solo de son cru, une segueria. «La soleá traite de solitude et la segueria aborde plutôt la perte de l'espoir, c'est habituellement une pièce tragique sur la mort», décrit le directeur, qui est aussi l'époux de la danseuse.

Quant au danseur Bruno Argenta, il n'aura pas eu le loisir de créer une nouvelle pièce, sa spectaculaire farruca faisant systématiquement le bonheur du public — et de son directeur. Cette cavalcade déchaînée est la danse macho par excellence, selon M. Santangelo. «C'est une danse très athlétique, toute en lignes. Ce que j'y vois, c'est un homme qui va au delà de ses forces physiques pour réaffirmer sa masculinité», rapporte celui qui a aussi chorégraphié un tango pour les trois danseurs.

Un solo pour la nouvelle danseuse Anna Romero, une pièce de chant et un solo de guitare viennent compléter le nouveau matériel du spectacle. Si on se fie aux prestations précédentes, la soirée promet d'être intimiste à souhait, d'une sobriété exquise et de se terminer avec éclat.

NOCHE FLAMENCA

Du 20 au 22 février au Kola Note