Les archives de Ludmilla Chiriaeff et des Grands Ballets entrent à BAnQ

La fille de Ludmilla Chiriaeff, Anastasie, avec la p.-d.g. de BAnQ, Christiane Barbe, et le directeur général des Grands Ballets, Alain Dancyger.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La fille de Ludmilla Chiriaeff, Anastasie, avec la p.-d.g. de BAnQ, Christiane Barbe, et le directeur général des Grands Ballets, Alain Dancyger.

« Les archives sont la mémoire de ce qui fuit quand la nôtre fait défaut », a indiqué lundi matin Nicolle Forget, biographe de Ludmilla Chiriaeff, lors de l’annonce, aux archives rue Viger à Montréal, de l’acquisition par Bibliothèques et Archives nationales du Québec (BAnQ) du fonds Ludmilla Chiriaeff et du fonds des Grands Ballets canadiens de Montréal, fondés par Mme Chiriaeff. Et comment garder mémoire de la danse, art du mouvement et du corps, choses évanescentes s’il en est ?

D’abord en en conservant les traces, imagées et écrites. C’est donc un édifice de papier qu’acquiert ici BAnQ, en acceptant d’héberger les 200 boîtes de souvenirs et d’artefacts de Ludmilla Chiriaeff. Trente-deux mètres linéaires de documents textuels, « l’équivalent d’un immeuble de 10 étages », a illustré Christiane Barbe, présidente-directrice générale de BAnQ. Un immeuble fondé sur 5000 photos, 273 vidéos, 220 affiches et 171 bandes magnétiques, qui couvrent la vie personnelle de Mme Chiriaeff, ainsi que sa carrière, directement liée à l’arrivée et l’épanouissement de la danse au Québec.

« Madame »

Des archives qui témoignent de sa traversée du nazisme, de son immigration, de la fondation des Ballets Chiriaeff (qui deviendront en 1957 les Grands Ballets canadiens), de quelque 130 productions télévisées pour L’heure du concert dansée à Radio-Canada — formidable outil de démocratisation et d’initiation à la danse —, de la fondation de l’École de ballet Chiriaeff (plus tard l’Académie des Grands Ballets canadiens) et du développement de la concentration danse à l’école publique (Pierre-Laporte et cégep du Vieux-Montréal), jusqu’à son décès en 1996, a rappelé Mme Forget, qui a participé à la classification des documents, et qui signait en 2013 Chiriaeff : Danser pour ne pas mourir (Québec Amérique).

Il semble tout naturel, sachant ce spectaculaire parcours, de voir les Grands Ballets canadiens de Montréal céder aussi, dans la même foulée, comme un pas de deux, des archives couvrant les activités de la compagnie de 1960 à 1994. Listes de costumes et de leurs valeurs destinées aux douanes lors des tournées à l’étranger, communiqués de presse, programmes (dont celui de la marquante production Tommy, opéra rock-ballet de Fernand Nault, 1970, parmi de nombreux autres), dossiers sur la mise en scène des spectacles sont des 7,5 mètres linéaires de documents textuels légués par Alain Dancyger, directeur général des Grands Ballets canadiens de Montréal, ainsi que 20 000 photographies et 478 vidéos.

Ces archives rejoindront celles des arts de la scène, qui se développent à BAnQ, et incluent les fonds Fernand-Nault, Paul-André-Fortier, Jean-Pierre-Perreault, Martine-Époque, Françoise-Riopelle et le défunt Festival international de nouvelle danse (FIND).