La ville de Québec aura sa Maison pour la danse

<em>Danse Clash</em>, du chorégraphe de Québec Harold Rhéaume, un des créateurs qui cimente la communauté de la danse dans la capitale nationale.
Photo: Jean-François Brière Danse Clash, du chorégraphe de Québec Harold Rhéaume, un des créateurs qui cimente la communauté de la danse dans la capitale nationale.

Après des années à encourager l’ébullition de sa danse professionnelle, Québec aura enfin sa Maison pour la danse. La ministre de la Culture et des Communications Hélène David a annoncé jeudi, lors d’une conférence fort courue tant par les élèves de l’École de danse de Québec que par les professionnels, un investissement de 2,5 millions pour réaliser le projet. La Rotonde, centre chorégraphique de la Vieille Capitale fondé en 1996, pourra ainsi mettre aux normes l’immeuble du 336 rue du Roi, acquis en 2013, et en réaménager les étages pour en faire une Maison pour la danse. Trois nouveaux studios, des bureaux et une salle de conférence, entre autres, seront ainsi disponibles aux interprètes et chorégraphes.

« Le nombre de chorégraphes, de danseuses et de danseurs actifs dans la région de la Capitale-Nationale est en constante progression, a déclaré la ministre lors de son allocution. Dans ce contexte, il devenait impératif d’assurer leur rétention, et par le fait même, l’ancrage social de la danse. »

Le directeur général et artistique de La Rotonde, Steve Huot, était ravi de voir le projet prendre son réel envol. La participation des autres partenaires financiers, dont la Ville de Québec et Patrimoine canadien, était conditionnelle à cet investissement initial. La Rotonde espère que toutes les autres pièces s’insèrent rapidement au puzzle. « On a planifié un calendrier de 18 mois — ce ne sera pas une construction aussi complexe que le Wilder à Montréal, on reste dans l’immeuble pendant les rénovations — et on espère une ouverture fin 2016 ou début 2017 », poursuit M. Huot.

La Rotonde consolidera ainsi sa position comme centre chorégraphique dans l’est du Québec et comme pôle régional de diffusion. Depuis un peu plus de dix ans, la danse à Québec s’est beaucoup « professionnalisée ». Les finissants de l’école ne s’exilent plus systématiquement après leurs études. Des créateurs et des enseignants aspirent à rester là, y reviennent, et les Lydia Wagerer, Daniel Bélanger, Harold Rhéaume, Mario Veillette, Karine Ledoyen, Annie Gagnon et consorts cimentent la communauté.

« La mesure Première Ovation [2008] pour la relève a vraiment solidifié le milieu, analyse le directeur de La Rotonde. Il y a de l’espoir de vivre de la danse à Québec désormais. C’est un milieu qui a sa propre réalité : ce n’est ni Montréal ni Vancouver en miniature. En diffusion, notre public se compose aussi de façon complètement différente. »

Une Maison nécessaire

Les actions, les activités professionnelles, la formation, l’entraînement, la recherche : tout, en danse, se passe en studio. « Tu ne peux pas commencer, comme en musique, tout seul dans ton salon avec une guitare, illustre Steve Huot. Les équipements sont absolument essentiels à toute la panoplie des événements. À Québec, il y a très peu de studios — on prétend avoir les seuls qui répondent aux normes — et c’est nettement insuffisant pour ce que le milieu demande. »

Le lieu amélioré aidera aussi à la diffusion hors Montréal, avec le laboratoire, un studio qui pourra recevoir une cinquantaine de spectateurs. « Ça va permettre l’accueil d’artistes en résidence. Les artistes d’ici, grâce à de meilleurs équipements, vont arriver, je l’espère, à des résultats supérieurs. Surtout, le laboratoire va permettre le partage, la rencontre artistique et le développement de la vision du public. Ça va permettre de présenter des petites formes, du travail de recherche, où il ne serait pas pertinent de convier 500 personnes. Présentement, pour nos “ gros ” shows, on cherche à répondre aux besoins du public. Dans le labo, c’est aux besoins des artistes qu’on va répondre. »

La Rotonde présente cette année dix spectacles. Son directeur espère pouvoir monter bientôt jusqu’à 15 par année.