Caroline Planté et le retour à la famille

Caroline Planté, grande guitariste de renommée internationale, avait pourtant l’air toute petite sur scène.
Photo: Ricardo Ruiz Caroline Planté, grande guitariste de renommée internationale, avait pourtant l’air toute petite sur scène.

Caroline Planté le disait récemment en entrevue : « Sans les autres, on n’est personne ». Ce plaisir de jouer en groupe, ce « trip de gang » qui est une des raisons pour lesquelles elle a embrassé le flamenco, la guitariste l’a bien montré sur la scène du cabaret du Mile-End vendredi soir avec ses nombreux invités et complices.

Présenté dans le cadre du 3e Festival de flamenco de Montréal qui s’est terminé samedi, Polymorphies, c’était son spectacle à elle. La bannière sous laquelle cette créatrice de complicités allait réunir des musiciens de talents, de grands amis à elle et des gens de sa familia flamenca, le temps d’un bon « jam » où elle en a profité pour partager ses créations musicales, qui vont faire l’objet d’un autre spectacle à venir. Et des danseuses à couper le souffle — magnifiques Myriam Allard, Katherine Oliveri et Carmen Romero, qui a remplacé à pied levé Rae Bowhay —, parce qu’on a beau vibrer sous le chant et la guitare très féminine de la musicienne qui revient d’un séjour de dix ans en Espagne, le flamenco sans danse…

Grande guitariste

Caroline Planté, grande guitariste de renommée internationale, avait pourtant l’air toute petite sur scène. Une petite fille passionnée de guitare et de musique à qui on faisait un énorme cadeau. Marcos Marin, qui a, comme elle, commencé à jouer et à chanter enfant est venu retrouver son amie et bercer le public de sa voix au registre plus aigu et de sa guitare, Jean-François Desrosby, qu’elle a connu au camp musical du Saguenay où elle enseigne, est monté sur scène avec sa guitare classique suivi de Mathieu Désy, le contrebassiste à cinq cordes. Tous ces tableaux musicaux étant soutenu rythmiquement avec beaucoup de rigueur par des palmas et percussions (Francis Mercier et Miguel Medina) et Hedi Graja au chant.

Le plus beau cadeau

Mais le plus grand cadeau que Caroline Planté s’est fait offrir, au grand bonheur du public, a certainement été son père, Marcel Planté « el rubio », parmi les premiers grands guitaristes flamencos à Montréal, qui lui a tout appris de son instrument. « Récemment, mon père a eu la très mauvaise idée d’arrêter et de ranger sa guitare », a-t-elle expliqué au public, le coeur serré. « Papa, c’est le temps d’aller la chercher ». Et ils ont joué.

En plus de toute la bande ci-haut nommée, Caroline Planté s’est entourée, pour la grande fiesta flamenca de la fin, d’artistes de qui elle a beaucoup appris et qui ont contribué à la vitalité du flamenco à Montréal : José Lumbreras « el chele », qui, par son chant, fait rayonner depuis très longtemps le flamenco dans la métropole et la grande danseuse Lynne McGee, parmi les pionnières à la danse. Toute la famille était là, disions-nous. Au grand bonheur du public qui ne demandait qu’à en faire partie.