Benoît Lachambre reçoit le Grand Prix de la danse de Montréal

« Ce qui motive ma danse, ce sont des choses très anciennes et profondes, difficilement nommables », a dit le chorégraphe et interprète Benoît Lachambre lors de la remise des Prix de la danse.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir « Ce qui motive ma danse, ce sont des choses très anciennes et profondes, difficilement nommables », a dit le chorégraphe et interprète Benoît Lachambre lors de la remise des Prix de la danse.
Après la fournée toute féminine de l’an dernier, les Prix de la danse de Montréal 2013 (PDM) saluent deux créateurs singuliers. Le chorégraphe et interprète Benoît Lachambre reçoit le Grand Prix de la danse de Montréal, 

récompense la mieux dotée — 50 000 $ — du monde dans cette discipline. Daniel Léveillé, pour sa part, remporte le Prix de la meilleure œuvre chorégraphique décerné par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).

« La danse, pour moi, est une expérience existentielle », a confié en recevant son Grand Prix Benoît Lachambre, figure d’avant-garde reconnue de par le monde tant pour ses performances atypiques ou iconoclastes (de Délire défait à Love Forgeries and Other Matters avec Meg Stuart en passant par Is You Me avec Louise Lecavalier) que pour la technique qu’il a développée et qu’il enseigne.

« Ce qui motive ma danse, ce sont des choses très anciennes et profondes, difficilement nommables ; ça se réfère à des racines qu’on a comme être humain », a-t-il ajouté avant de remonter le fil de toutes ses influences jusqu’à celle de Marie Chouinard, pour qui il a dansé à ses débuts. On le salue ici pour la contribution exceptionnelle à l’avancement de la danse de Snakeskins, solo présenté à l’Usine C en 2012 qui fait entrer le corps dans des états inédits.

Daniel Léveillé, qui vit un renouveau créateur depuis Amour, acide et noix, évolue loin de toute séduction du corps et du spectacle. Un travail à bras-le-corps que récompense le CALQ en sacrant meilleure chorégraphie ses Solitudes solo. À l’image de l’œuvre, qui rend hommage aux danseurs, le chorégraphe a livré un témoignage émouvant mardi à ceux qui ont participé à sa création (Justin Gionet, Mathieu Campeau, Emmanuel Proulx, Esther Gaudet et Gaëtan Rioux, Lucie Vigneault et Manuel Roque).

« Une chorégraphie se construit littéralement sur le dos des danseurs, sur leurs épaules, leurs abdominaux, leurs quadriceps, leurs genoux et leurs pieds, avec leur âme, leur humeur, leur tempérament, leurs doutes, leur intelligence, leur sensibilité, leur courage et leur générosité, a-t-il dit, interrompu deux fois par l’émotion. Le plus grand des mercis… »

Les chorégraphes sont peut-être des artistes de peu de mots, mais ils en avaient long à dire — et surtout à remercier — mardi lors de la remise des prix. Preuve que cet exercice d’affirmation et de reconnaissance des PDM est essentiel pour une discipline qui a beaucoup mûri et qui reste discrète malgré son grand rayonnement sur les scènes du monde depuis longtemps.

Créés en 2011 à l’instigation de la chorégraphe Marie Chouinard, les PDM ont pris du galon l’an dernier grâce aux contributions de Québecor et des mécènes Jean-Pierre Desrosiers et Marcel Côté. « Ce prix est là pour dire que Montréal est une capitale de la danse dans le monde », a rappelé la chorégraphe.