Danse – Autant en emporte le vent

Harriet Ritchie, Lilian Steiner, Alisdair Macindoe, Talitha Maslin et Lee Serle.
Photo: Heidrun Lohr Harriet Ritchie, Lilian Steiner, Alisdair Macindoe, Talitha Maslin et Lee Serle.
Hypnotisant, ce Weather de la compagnie australienne Lucy Guerin inc. La pièce pour six danseurs porte sur les liens entre le corps humain et les forces du climat. L'œuvre belle, mais fade est loin d'avoir la puissance des typhons dont elle tente d'épouser les motifs.

L'œuvre créée en partie à Montréal lors d'une résidence l'an dernier tantôt fait tourbillonner le vent dans les corps, tantôt s'applique à chorégraphier les perturbations atmosphériques. Une double lecture qui stagne au premier degré et laisse de glace.

Il faut dire que la chorégraphie, très construite et exigeante, laisse peu de place à l'émotion. Sous un superbe «ciel» composé de sacs de plastique blanc, à la fois beau et inquiétant, les danseurs incarnent surtout la dynamique des forces à l'œuvre dans les phénomènes climatiques. Les déplacements en spirale dominent la danse, comme dans ce duo où un danseur tourne autour de l'autre inlassablement sans jamais qu'ils se touchent.

Le motif est ensuite défait ou recomposé par les mouvements d'autres danseurs entrés en scène. Mécanique implacable et pourtant changeante, comme celle qui dicte la météo à la fois prévisible et capricieuse. Plus tard, on explore les événements en cascade dans ces jeux de gestes amplifiant ou entraînant celui des autres.

C'est dans les quelques scènes plus ludiques qu'on retrouve l'humain. Dans le solo d'ouverture, le danseur imite candidement la brise et les bourrasques du son de sa bouche, alors que son corps semble à la merci de son propre souffle, bercé, bousculé, emporté. La métaphore un peu facile est toutefois sauvée par l'autodérision et l'humeur bon enfant qui la portent et rappelle.

À mi-parcours, un danseur s'amuse à lancer en l'air un sac de plastique, dont la matière légère et flottante sert l'instant suivant à asphyxier son prochain. Bref clin d'œil aux menaces que fait planer le climat depuis que l'humanité a contribué à son dérèglement.

De la météo comme métaphore des humeurs quotidiennes au pattern météo chorégraphié en passant par le jeu tout simple du souffle qui traverse les corps, Weather poursuit trop d'ambitions à la fois sans en imposer aucune. Autant en emporte le vent.