La face uruguayenne du tango

Le couple de tangueros argentins Ivan Romero et Silvana Nunez revient pour la deuxième année consécutive au Festival international de tango de Montréal.
Photo: Beverley Abramson Le couple de tangueros argentins Ivan Romero et Silvana Nunez revient pour la deuxième année consécutive au Festival international de tango de Montréal.

Qui dit tango pense Buenos Aires. Et pourtant, cet art est aussi issu de Montevideo. Le 11e Festival international de tango de Montréal (FITM), qui s’ouvre aujourd’hui, fait un clin d’oeil à l’autre versant du berceau d’émergence de cette forme artistique en invitant pour la première fois un couple uruguayen, Laura Legazcue et Julio Altez.

 

« On parle toujours de tango argentin, mais en réalité le tango est né dans la vallée du Rio del Plata, avec Buenos Aires d’un côté et Montevideo de l’autre », explique Gerardo Sanchez, directeur artistique du FITM et de l’école Tango Libre. Une contrée du tango qui a davantage préservé les racines classiques de cet art.

 

Julio Altez a d’ailleurs déjà dansé pour la troupe Forever Tango venue quelques fois à Montréal, après une formation auprès de maîtres comme Antonio Todaro, Mingo Pugliese et Jorge Manganelli. Sa partenaire danse, chorégraphie et enseigne. Un atout précieux pour le FITM qui offre des cours en plus de proposer et des soirées milongas chez Tango Libre ainsi que des concerts et spectacles, dont trois gratuits en plein air (aux Serres municipales de Verdun le 14 août, au Théâtre de Verdure et au parc Charles-de Gaulle de Repentigny, le 15 août).

 

Quatre autres couples argentins monteront sur scène pendant le festival, qui célèbre autant la danse que la musique, quasi indissociables du tango. « La particularité cette année, c’est que les cinq couples arrivent avec cinq styles complètement différents », souligne M. Sanchez, qui forme le sixième duo de danseurs mis en vedette au FITM, celui-ci tout québécois, avec Élyse Dagesse.

 

Belen Roces, en tandem avec Ernesto Candal, cumule des formations en ballet et en danse contemporaine. Férus d’innovation, Marisol Morales et Alejandro Larenas se démarquent par leurs mouvements improvisés. Ivan Romero et Silvana Nunez ont touché au folklore.

 

Côté musique

 

Deux orchestres seront à l’honneur du FITM, déplacé en août pour éviter la cohue de juillet. Pour ouvrir et clore la fête en mode milongas avec les maîtres danseurs, le jeune Quinteto Cinco Esquinas d’Argentine se produit pour la première fois en Amérique du Nord et donnera aussi quelques concerts. Formé en 2005, l’ensemble s’est bâti un répertoire aux styles des plus variés, qui s’inspire autant d’Astor Piazzolla, d’Alfredo Gobi que de Horacio Salgan. De ce dernier surtout, il tire sa spécificité selon M. Sanchez.

 

« Même en Argentine, il n’y a pas beaucoup d’orchestres qui ont embrassé ce style, dit-il. Pour les gens qui dansent, c’est un privilège de les recevoir, parce que c’est un style qu’on n’entend pas souvent. Il y a beaucoup de rythmes syncopés, ça donne un côté plus vivant. »

 

Du Québec, le Trio Argentino sous la direction du pianiste José Maria Gianelli offrira un des concerts gratuits, au parc Charles-de Gaulle de Repentigny le 15 août.

 

Réputée pour sa fièvre du tango, Montréal s’est un peu calmée depuis quelques années, selon M. Sanchez, mais pas assez pour perdre son statut de quatrième ville mondiale du tango après Buenos Aires, Berlin et Amsterdam, de l’avis même des maestros invités au fil des ans par le FITM…