Une Québécoise mène la danse à Schenectady, New York

L’ex-danseuse Miryam Moutillet est la directrice du programme de danse à l’Union College.
Photo: Niki Rossi L’ex-danseuse Miryam Moutillet est la directrice du programme de danse à l’Union College.

Un nouveau centre chorégraphique est né dans l’État de New York à l’instigation d’une Québécoise. Miryam Moutillet, danseuse des premières heures de la troupe d’Édouard Lock, a mené ce projet de trois millions de dollars sur le campus de l’un des plus vieux collèges américains, l’Union College, dans la région d’Albany.

Inauguré en juin, le Henle Dance Pavilion (HDP) est d’abord destiné à l’enseignement de la danse, offert en cours libres et sous forme d’une mineure aux étudiants de tous les profils de ce collège de liberal arts fondé en 1795. Mais il accueille aussi des artistes en résidence, dont des Québécois.

 

Les Ballets Jazz de Montréal et le Rubberbandance Group ont déjà livré ateliers et spectacles dans les anciens locaux du département de danse en 2008 et 2009. Une présence québécoise que Miryam Moutillet souhaite intensifier avec la nouvelle aile de 7000 pieds carrés, dont un studio de 55pieds sur 40 (et des plafonds de 22 pieds de haut) équipé tant pour les cours que pour les représentations.

 

« Avec cet espace magnifique, j’aimerais amener de plus en plus d’artistes du Québec et intégrer les arts du cirque aussi. Le ballet aérien [la corde lisse] est une discipline qui va vraiment bien avec la danse », confie au Devoir Miryam Moutillet, qui a dansé avec les Grands Ballets puis avec Édouard Lock avant de s’exiler en Asie, puis aux États-Unis en quête d’autres expériences de vie.

 

Esprit créatif

 

Si l’Union College est d’abord réputé pour sa formation en sciences, notamment en génie - la ville de Schenectady abrite General Electric -, l’établissement mise sur un curriculum ouvert qui stimule l’esprit d’innovation.

 

« Même quand on prend la voie des sciences, les arts aident à devenir plus créatif, ce qu’exigent de plus en plus les emplois d’aujourd’hui, explique l’ex-danseuse devenue directrice du programme de danse du collège. Le nouveau président [Stephen Ainlay, arrivé en 2007] veut que les arts soient plus présents, pour que les étudiants soient plus ouverts et polyvalents. »

 

Après un premier contrat de trois ans dans les années 1990, Miryam Moutillet revient à l’Union College en 2001 jeter les bases du HDP en instaurant d’abord une mineure en danse dès 2005, au sein du département de théâtre et de danse présidé par William Finlay. Les classes se remplissent vite.

 

« Je suis passée de 20 étudiants qui ne faisaient que du ballet à 160 étudiants par semestre, dit-elle. On avait vraiment besoin d’un nouvel espace. » La première proposition pour une nouvelle aile est présentée au doyen en 2007. S’ensuivent deux ans de recherche de financement, les premières esquisses architecturales en 2011, la construction en 2012. Le HDP accueillera ses premiers étudiants en septembre.

 

***

Une vision élargie de la danse

Après avoir dansé tous les grands classiques aux Grands Ballets canadiens, Myriam Moutillet veut élargir ses horizons. Elle participe aux balbutiements de La La La Human Steps et danse dans Orange. Elle interprète aussi des œuvres de Carbone 14, dont Le dortoir, et apparaît dans le premier vidéo de François Girard.

Sa seconde vie l’amène en Asie, où elle suit son mari et cumule les boulots les plus divers, avant de revenir à l’enseignement. Ce riche bagage l’incite à créer à l’Union College un programme de danse élargi à tous les genres, du ballet au style Broadway, alors qu’on lui a d’abord demandé de créer le prochain New York City Ballet.

« Les étudiants viennent ici par amour de la danse, mais pas nécessairement pour en faire une carrière, alors j’ai considéré que le plus important était de mettre tous les styles de danse de l’avant pour être sûre que ça fonctionne. »