Un petit Festival Danse Canada hors les murs

Auto-Fiction, de Milan Gervais, explore nos relations amour-haine avec la voiture, qui devient un joueur à part entière, dans un parking près de chez vous.
Photo: Sandra Lynn Bélanger Auto-Fiction, de Milan Gervais, explore nos relations amour-haine avec la voiture, qui devient un joueur à part entière, dans un parking près de chez vous.

Le Festival Danse Canada (FDC) sort complètement des théâtres du 13 au 16 juin. L’événement biennal de danse coast to coast propose aussi, depuis 2007, une édition intercalaire plus modeste, comme celle qui s’ouvre ce jeudi sur le thème « Perspectives en mouvement ».

Après avoir embrassé les danses de rue en 2007 et mis en valeur les artistes issus de plus d’une culture en 2009, puis les jeunes créateurs émergents en 2011, voici que le festival se consacre au phénomène grandissant des danses in situ, hors les murs ou squattant des lieux atypiques. Une couleur qui teintera également la prochaine édition longue du FDC, en 2014.


« On a réalisé en 2012 que le festival avait perdu son lien avec le public local et le sens du happening, explique Jeanne Holmes, directrice artistique, qui signe sa première édition depuis le départ de Brian Webb en 2011. C’était devenu un rendez-vous d’aficionados. Sortir la danse des théâtres pour explorer les nouveaux rapports entre artistes et public nous permettait aussi de répondre à cette préoccupation. »


Le rendez-vous s’articule autour de sept productions. Son événement phare est le désormais fameux Grand continental du chorégraphe québécois Sylvain Émard, qui rassemble une centaine de non-danseurs de tous âges autour d’un métissage de danse traditionnelle et contemporaine. Lancé en 2009 au Festival TransAmériques, le concept connaît un franc succès, qui ne se dément toujours pas.


« On retourne aux États-Unis et au Mexique l’an prochain et on est en discussion avec l’Europe, indique le chorégraphe. Chaque fois qu’on le présente, il y a énormément d’intérêt. » Ce sera la première présentation canadienne hors Montréal de la manifestation.


Des deux autres productions québécoises du FDC 2013, Dors de Jacques Poulin-Denis vient d’être présentée à l’OFFTA. Auto-Fiction de Milan Gervais explore nos relations amour-haine avec la voiture, qui devient un joueur à part entière, dans un parking près de chez vous.


Seule véritable création au programme, Pop Up Dances, de la chorégraphe d’Yvonne Coutts, se décline dans trois environnements différents, d’abord à l’enseigne de l’Ottawa Danse Directives (ex-maison du Groupe Lab de danse) où loge sa compagnie, puis au parc Hog’s Back et dans le jardin du Musée des beaux-arts du Canada.


La compagnie Ten Gates Dancing de Tedd Robinson a remanié deux duos - l’un conçu avec la chorégraphe Ame Henderson et l’autre avec le compositeur Charles Quevillon - pour créer un trio, Room with Sticks, immergé dans le son et la lumière au Rideau Curling Club.


D’autres pièces prennent d’assaut les escaliers à l’angle de Sussex et de Rideau (Spatial Pull, de Gerry Morita) et la cour arrière d’une maison. Cette dernière, Danse in My Backyard de la Torontoise Eroca Nicols, est conçue sur le mode improvisé à partir des suggestions et préférences signalées par le public.


L’approche hors les murs est loin d’être nouvelle, nourrie à la fois par le désir d’élargir les publics et surtout de les engager autrement. Mais l’initiative du FDC d’y consacrer un événement de danse spécifique est certes à saluer, car cet art vivant contribue largement à explorer ces trajectoires hors normes.

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