Tragédie amoureuse pour dandys du XXIe siècle

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	La pièce de danse-théâtre Détruire, nous allons est sise dans un terrain de football qui sert de salle.</div>
Photo: Dominic Berthiaume
La pièce de danse-théâtre Détruire, nous allons est sise dans un terrain de football qui sert de salle.

Trêve de Festival TransAmériques, l’OFFTA, qui navigue dans les créations plus risquées, hors genres, que son aîné, sort littéralement du cadre pour son coup d’envoi, le 24 mai.

Au départ du Théâtre d’Aujourd’hui, port d’attache du festival, un contingent d’autobus jaunes emmènera le public dans un lieu secret. La scène de Détruire, nous allons prendra des dimensions de colisée grec, et la pièce, des allures de tragédie héroïque pour dandys du XXIe siècle.


« Je trouve que c’est tellement esthétiquement beau, un terrain de football ! », s’exclame au bout du fil, à propos du site choisi, le concepteur du spectacle, Philippe Boutin, qui s’est adjoint pour sa première création, produite sous la bannière de Couronne Nord, le chorégraphe au parcours de comète Dave St-Pierre.


Le jeune comédien et metteur en scène veut ainsi sortir le théâtre de ses petites habitudes et surtout le rapprocher de monsieur et madame Tout-le-Monde, de sa « gang de soccer » qu’il aimerait bien voir partager le même rituel que sa « gang de théâtreux».


« Dans le milieu, on se plaint que les salles sont vides. Le problème, c’est l’artiste, il doit tendre la main au public, aller vers lui plutôt que de rester dans sa boîte noire. »


Mais surtout, ces dimensions démesurées permettent « de faire les choses vraies », estime ce sportif romantique qui boude le théâtre trop verbeux et intellectuel, le préférant quand il traduit « le mot poétique en jeu corporel ».


« On a la longueur de 100 verges ! dit celui qui exploite le terrain sur sa longueur, campant son public dans la zone d’un but. Donc on voit arriver un personnage du bout du terrain, en courant et vraiment essoufflé. » Du trop rarement vu au théâtre, selon lui.


Il a découvert le vertige de ses authentiques états limites sur scène - s’en étonne-t-on ? - auprès de Dave St-Pierre dans la pièce Foudres, qui s’est promenée en Europe l’an dernier, et voulait offrir cette expérience à son tour.


Triangle amoureux


Pour habiter et donner vie à cet immense espace, la pièce de danse-théâtre met en jeu 36 comédiens-danseurs. « Ce ne sont pas des personnages, c’est un choeur », précise-t-il.


Parmi eux évolue un triangle amoureux élargi à quatre protagonistes, dont une seule femme (Jean-François Casabonne, Christophe Payeur, Emmanuel Schwartz et Marie-France Marcotte), et quelques personnages satellitaires (dont un cupidon incarné par Gabriel Szabo et l’animateur Hermaphrodite alias Alexandre Lavigne).


« C’est l’histoire de deux âmes soeurs qui ne se rencontreront jamais », résume-t-il. Un match nul qui promet.


Détruire, nous allons. from Couronne Nord on Vimeo.


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OFFTA : rendez-vous choisis

Dors, de Jacques Poulin-Denis, explore la nuit et la logique surréaliste du rêve. Le chorégraphe se révèle aussi un redoutable performeur et comédien. Les 25 et 26 mai au Théâtre d’Aujourd’hui.

Eden Motel, de Philippe Ducros, explore de manière scénique les thèmes de son roman: le bonheur déchu, marchandé et médicamenté de l’Amérique, en mode laboratoire. Le 27 mai au Théâtre de la Licorne.

Mix-off, soirée type de l’OFFTA, mêle l’univers de la chorégraphe Marie Béland à celui d’Olivier Choinière. Les 28 et 29 mai au Théâtre d’Aujourd’hui.