Québec appuie l’entrée en scène du Centre national de danse-thérapie

<em>Rodin/Claudel</em>, de Peter Quanz, au Grands Ballets canadiens de Montréal
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Rodin/Claudel, de Peter Quanz, au Grands Ballets canadiens de Montréal

La thérapie par la danse et le mouvement fait son entrée dans les hôpitaux grâce au nouveau Centre national de danse-thérapie (CNDT) créé par les Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM). Le Centre, dont Le Devoir faisait déjà le portrait mardi, profite d’un appui de 425 000 $ du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour ses projets-pilotes de recherche.

Le MSSQ a annoncé une contribution en deux volets sur trois ans, lors de la conférence de presse signalant la création du CNDT, mardi. À celle de 285 000 $ destinée à mesurer les impacts de la danse sur les fonctions cognitives et physiologiques chez les aînés, s’ajoute une enveloppe de 140 000 $ pour développer des projets-pilotes spécifiques à la cancérologie.


Le CNDT étend la mission des Grands Ballets pour englober le mieux-vivre par la danse. « On veut que la danse s’imprègne aux autres sphères de la société », a affirmé Alain Dancyger, directeur général de la troupe, qui continuera bien sûr principalement de créer et de diffuser des oeuvres chorégraphiques. Le CNDT devient un département des GBCM.


Sa phase d’implantation prend la forme de projets-pilotes de recherche avec quatre partenaires du milieu de la santé - le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), Sainte-Justine, l’Institut de gériatrie de Montréal et le Centre PERFORM de l’Université Concordia. Le plus avancé est mené auprès de centaines d’aînés pour évaluer l’impact de la danse-thérapie sur leurs fonctions physiologiques et cognitives. Un autre est amorcé à Sainte-Justine auprès des adolescents souffrant de troubles alimentaires. D’autres visent à évaluer quels services hospitaliers bénéficieraient le plus de l’apport de danse-thérapeute au sein des équipes médicales multidisciplinaires.

 

Enthousiasme


L’initiative des GBCM sème un enthousiasme senti et partagé par les quatre partenaires. Christian Paire, directeur général du CHUM et véritable apôtre de l’art en milieu hospitalier, a notamment parlé d’une « aventure nouvelle et excitante », rappelant la « place particulière de la danse dans les arts ».


Parce qu’elle engage le corps autant que l’esprit tout en stimulant les émotions et l’interaction sociale, la thérapie par la danse et le mouvement ouvre de nouvelles avenues de traitement complémentaire de plusieurs maladies (troubles mentaux, neurologiques, psychologiques, musculaires et pour traiter la douleur), particulièrement chez les enfants, les adolescents et les aînés. Elle a surtout fait son chemin aux États-Unis, où elle s’est implantée dans les années 1950.


« La danse-thérapie est moins présente dans les milieux hospitaliers au Québec et au Canada. Ce qu’on voit beaucoup, c’est la musicothérapie et la thérapie par l’art dramatique », explique Christian Sénéchal, directeur du nouveau CNDT. Il suggère deux explications : le fait qu’il n’y a pas de formation spécifique offerte au pays et le peu de données quantitatives fournies par la recherche, tel que révélé dans une étude britannique en 2009, qui souligne d’ailleurs l’urgence de donner des bases scientifiques à cette pratique. Deux manques que le CNDT vise à combler en stimulant la recherche et en développant un programme de formation accrédité par l’American Danse Therapy Association, dont la première cohorte sera constituée dès l’automne prochain.


La phase d’implantation du CNDT durera deux ans, jusqu’au déménagement des GBCM prévu dans le centre-ville, dont les nouveaux studios permettront d’élargir l’offre de services en danse-thérapie. Le CNDT entend fonctionner avec un budget annuel de 1,6 million de dollars, autofinancé à 80 %.