50 000$ pour Anne Teresa De Keersmaeker, 10 000$ pour Marie Chouinard

La Belge Anne Teresa De Keersmaeker a reçu mardi le Grand Prix de la danse de Montréal, muni d’une spectaculaire enveloppe de 50 000 $ qui a peu de pareilles sur la scène mondiale.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La Belge Anne Teresa De Keersmaeker a reçu mardi le Grand Prix de la danse de Montréal, muni d’une spectaculaire enveloppe de 50 000 $ qui a peu de pareilles sur la scène mondiale.

Deux papesses de la chorégraphie contemporaine ont reçu les honneurs des Prix de la danse de Montréal mardi : la Belge Anne Teresa De Keersmaeker et la Québécoise Marie Chouinard. La première a reçu le Grand Prix de la danse de Montréal, muni d’une spectaculaire enveloppe de 50 000 $ qui a peu de pareilles sur la scène mondiale. La seconde a remporté, avec sa pièce Le nombre d’or, le Prix du CALQ pour la meilleure chorégraphie vue à Montréal dans la dernière saison, accordé pour la première fois et d’une valeur de 10 000 $.


« Je crée dans le bonheur parce que j’aime construire des mondes et travailler avec les danseurs, ces êtres animés d’essentiel brut et raffiné », a confié la lauréate québécoise, visiblement émue de l’honneur reçu.


La compagnie Rosas d'Anne Teresa De Keersmaeker a livré deux pièces au dernier Festival TransAmériques, deux pièces d’une rigueur touchant au sublime, Cesena et En atendant (sic). La lauréate a été choisie par un jury indépendant. « La danse, c’est ma façon d’être dans le monde, […] de célébrer ce qui nous rend humain », a-t-elle dit dans une allocution étonnamment généreuse pour une artiste qui ne se livre pas facilement. Elle a raconté sa « longue et belle histoire » avec Montréal, qui a accueilli sa compagnie plusieurs fois depuis les années 1980.

 

Un montant bonifié par le privé


Les Prix de la danse de Montréal ont été instaurés l’an dernier par Marie Chouinard, qui a elle-même versé les 5000 $ de la première récompense, accordée à Louise Lecavalier. La très généreuse enveloppe du Grand Prix, qui salue le talent des artistes - danseurs ou chorégraphes d’ici et d’ailleurs - déployé sur nos scènes la saison précédant sa remise, a été garnie cette année par Québecor et les mécènes Jean-Pierre Desrosiers et Marcel Côté.


Une somme à faire saliver les artistes de la scène locale. Pourquoi ne pas avoir réparti l’enveloppe ? Les mécènes le voulaient ainsi. Et Marie Chouinard a pu tenir son pari, lancé l’an dernier comme un impossible défi : réunir la somme de 50 000 $ pour faire rayonner Montréal sur la scène internationale et établir une réelle réciprocité avec les scènes du monde qui accueillent la danse d’ici. L’intention rejoint le discours du Rendez-vous 2012 -Montréal métropole culturelle qui martelait lundi l’importance de faire rayonner la ville au-delà des frontières. Le Grand Prix de la danse de Montréal devient ainsi l’un des mieux dotés au monde. Ne reste qu’à assurer sa pérennité. Et atteindre le prestige d’un prix Bessie (donné à New York depuis 1984) ou d’un Benois.