Le projet du Wilder dans les limbes ?

Construit en 1918, le Wilder devait se refaire une beauté...
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Construit en 1918, le Wilder devait se refaire une beauté...

La transformation de l’édifice Wilder en maison de la danse, dévoilé l’an dernier dans le Quartier des spectacles, est en suspens jusqu’au changement de garde politique à Québec. Le dossier final du projet qui vise à rénover et à agrandir l’édifice existant de la rue De Bleury, pour y accueillir les Grands Ballets canadiens (GBC), Tangente et l’École de danse contemporaine de Montréal (EDCM) attend encore l’aval du Conseil du Trésor, puis du Conseil des ministres.


« Est-ce que le projet va se faire ? On n’en sait rien, confie au Devoir Yves Rocray, directeur général de l’EDCM, qui cherchait à se reloger depuis 12 ans quand Québec l’a invité à intégrer le Wilder. Tout est suspendu jusqu’à ce qu’on sache qui sera le titulaire de la Culture et du Trésor. »


La Société immobilière du Québec (SIQ), propriétaire de l’édifice, se montre plus confiante, prévoyant livrer le bâtiment selon l’échéancier prévu. « On vise toujours 2014 », indique Martin Roy, porte-parole de la SIQ, qui reconnaît toutefois devoir attendre « l’autorisation gouvernementale finale » pour amorcer la construction dès cet automne si c’est possible. Le projet peut-il tomber à ce stade-ci ?


« Ça pourrait à la limite, oui, finit-il par dire. Mais en ce qui nous concerne, il y a une mécanique à suivre [en vertu de la Politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d’infrastructures], et on est encore là-dedans. » Les plans et devis du consortium d’architectes Lapointe Magne Aedifica ainsi que le plan d’affaires sont achevés. Mais les sommes n’ont pas encore été engagées pour la construction comme telle.


Le projet initialement évalué à 79,1 millions de dollars était porté par l’ex-ministre de la Culture, Christine St-Pierre, dont le ministère devait également occuper des locaux, et l’ex-ministre des Finances, aussi ministre de la Métropole, Raymond Bachand, qui a largement soutenu le développement du Quartier des spectacles et prêtait bonne oreille aux demandes du milieu de la danse. Lors du dévoilement du projet l’an dernier, Québec devait injecter 22 millions de dollars, les GBC devaient fournir 13 millions, l’EDCM, 1,75 million et Tangente, 1,5 million. Des chiffres que ne peut toutefois pas confirmer M. Roy puisque « tout n’est pas finalisé sur ce plan ».


Construit en 1918, le Wilder devait se refaire une beauté et voir une annexe s’y greffer pour loger les GBC et une salle de spectacle pour Tangente, diffuseur de danse émergente. Ce ne serait ni le premier ni le dernier projet à faire les frais d’une élection.


Le même quadrilatère, situé en bordure de la place des Festivals, devait accueillir la Maison de l’Orchestre symphonique de Montréal au début des années 2000, projet péquiste balayé par les libéraux arrivés au pouvoir en 2003. Une revanche péquiste serait sans doute amère au coeur des GBC, mal logés dans un ancien garage de la rue Rivard, de Tangente qui oeuvre sans domicile fixe pour la seconde saison et de l’EDCM qui ne compte plus les projets ébauchés de « maison de la danse » à Montréal, dont on reconnaît pourtant aisément le statut de capitale de la danse.