Faste FASS à l’âme américaine

<div>
	Le Hong Kong Ballet, l’un des fleurons de la danse asiatique, vient pour la première fois au Québec. </div>
Photo: Gordon Wong
Le Hong Kong Ballet, l’un des fleurons de la danse asiatique, vient pour la première fois au Québec. 

Les racines balletiques sont claires. Mais le Trey McIntyre Project (TMP), qui s’amène au Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS) et au Canada pour la première fois, déploie une verve bien contemporaine. Et surtout proprement américaine, selon le danseur, cofondateur et directeur général de la jeune troupe, John Michael Schert.


« Avec ses quelque 100 créations dans le corps, Trey chorégraphie depuis tellement longtemps [depuis 22 ans ; il en a 42], que son style chorégraphique suit une voie propre, dit-il. Il ne regarde pas le travail des autres, se tient loin du monde de la danse, mais cherche sens et inspirations dans tout ce qu’il fait. Alors, je trouve que son travail reflète l’expérience humaine. Au fond, son travail est très américain, franc et direct, et parle aux gens de qui nous sommes. »


Danseur au respecté Houston Ballet, Trey McIntyre y a aussi fait ses armes, tout jeune, à titre de chorégraphe associé dès 1989 - et jusqu’en 2008. Si bien qu’à 24 ans, en 1994, il devient le plus jeune chorégraphe à créer un ballet pour le prestigieux New York City Ballet.


Le TMP est créé en 2005 à Boise, en Idaho, essentiellement pour faire la tournée des festivals d’été. Son succès quasi instantané l’amène à oeuvrer à longueur d’année dès 2008. Si bien que le chorégraphe crée deux ou trois pièces annuellement, dont une pour une compagnie étrangère. Cette année, 10 compagnies à travers le monde présentent son travail.


C’est à la demande de son public que le Festival de Saint-Sauveur accueille la troupe pour la première fois au pays. Le chorégraphe a déjà présenté une pièce à titre indépendant aux Ballets jazz de Montréal. On verra cette fois un programme triple qui fait le tour de la courte histoire de la troupe au répertoire déjà vaste.


Première création de la compagnie officielle, Leatherwing Bat date de 2008, sur la musique de Peter, Paul and Mary. « C’est un album qu’il écoutait beaucoup quand il était petit et la pièce traite de la famille et de ce que signifie grandir », décrit M. Schert.


Né du libre jeu des répétitions publiques, le court Bad Winter (11 minutes, 2012) reflète des états d’âme plus sombres livrés sur la musique de Cinematic Orchestra. Pièce de résistance de la soirée du 4 août, The Sweeter End (2011) s’inspire de la reconstruction de La Nouvelle-Orléans, après le passage dévastateur de l’ouragan Katrina, sur une musique composée pour l’occasion par le légendaire Preservation Hall Jazz Band.

 

Fleuron de l’Asie


Outre le TMP, le FASS accueille aussi le vénérable Hong Kong Ballet (HKB), pour sa première venue au Québec. 2012 marque le 33e anniversaire de cette troupe, l’un des fleurons de la danse asiatique, dirigée depuis 2009 par la prima ballerina suédoise Madeleine Onne. Son répertoire se compose de chefs-d’oeuvre classiques du xixe au XXIe siècle, de pièces contemporaines et de commandes.


La troupe de 40 danseurs propose une soirée à l’âme des Amériques les 26 et 27 juillet, avec deux pièces canadiennes et une états-unienne. Luminous, de l’Ontarien Peter Quanz, qui signait récemment Rodin/Claudel des Grands Ballets canadiens de Montréal (GBC), explore les tensions entre les sexes et la quête impossible d’une relation heureuse et éternelle. Black on Black, du Sino-Canadien Kinsun Chan, dont la carrière se déroule surtout en Europe, joue sur les symboliques multiples de la couleur noire.


À ces deux jeunes signatures locales s’ajoute Symphony in Three Movements de Nils Christe, chorégraphe néerlandais qui a déjà sévi aux GBC alors qu’Anik Bissonnette, désormais directrice artistique du FASS, y dansait.


Cette dernière a d’ailleurs adopté le triple programme du HKB pour ses multiples filiations à saveurs locales, pour donner l’occasion au public de suivre la trajectoire internationale des chorégraphes canadiens montants, souvent méconnue et, bien sûr, pour (re)découvrir l’excellence de la troupe hong-kongaise.

 

Et en musique


Le volet danse du FASS convie en rappel une autre compagnie américaine, Momix, ainsi qu’une troupe canadienne de flamenco, l’Esmeralda Enrique Spanish Dance Company. Gold, chouette pièce de la Québécoise Hélène Blackburn (Cas public), décrypte pour le jeune public l’oeuvre-clé de Glenn Gould, Les variations Goldberg.


Mais le festival se décline aussi en musique, avec notamment les artistes Lewis Furey et Gino Quilico.