Danse - Un mariage qui déchante

L'arrivée de nouveaux visages depuis janvier sur la scène de l'Agora de la danse réserve toujours son lot d'inconnu excitant et d'espoirs. Ces espoirs s'avèrent en partie déçus par Merry Age de Ghislaine Doté, qui porte sur la rencontre amoureuse et le mariage. Même si la graine d'artiste est là, prête à fleurir.

Il faut dire que la jeune chorégraphe s'est donné beaucoup de fil à retordre: une pièce en forme de comédie musicale contemporaine, dont elle signe à la fois la danse, la musique et le fil dramatique qu'elle débobine dans un préambule où elle nous apprend que c'est de son propre mariage qu'il s'agit.

Le premier acte, Enchantement, peine à trouver son rythme. Entre les nombreuses scènes jouées - très inégales - et chantées - souvent a capella par des interprètes dont la voix n'est pas l'organe de prédilection -, la chorégraphie est d'abord trop esquissée, lisse et ondoyante. Le refrain devient rengaine. La danse finit par prendre du coffre juste avant l'entracte.

Le second acte, Désenchantement, commence en force. En duos, puis en groupe, la chorégraphie plus architecturée évoque subtilement, sans le chanter ou le dire, la difficulté de vivre à deux. Les jeux de rôles, les accusations, les divergences d'opinion ou de vision. La scène de confrontation donnera lieu à une chorégraphie percussive (mains qui claquent, pieds qui frappent le sol) plus à propos que celle du premier acte. Mais arrive sans crier gare l'avant-derrière scène parachutée, au jeu trop appuyé et au thème facile: la Saint-Valentin.

La candeur de Doté a ses charmes. Qui aurait osé revisiter la forme éculée de la comédie musicale en abordant un thème aussi casse-cou que le mariage? Et en parvenant à esquisser un style, entre abstraction et expressionnisme, malgré un récit trop mince. Mais cette candeur a aussi ses défauts: les faux rebondissements (scènes mal arrimées), un récit trop mince, des mélodies un peu simplettes.

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