Festival des arts de Saint-Sauveur - Vingt ans de danse dans les Laurentides

Pour son 20e anniversaire, le Festival des arts de Saint-Sauveur se fait un cadeau: revoilà certaines des compagnies coups de cœur, celles qui ont marqué le public de leurs danses au cours des dernières années. Lever de rideau sur la programmation, grand public, facile à aimer, toute d'été.

La danse a cette année encore le beau rôle au Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS). Concoctée par l'ex-prima des Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM) Anik Bissonnette, la programmation du FASS cherche, pour respecter l'ambiance de vacances de saison, les spectacles accessibles. Elle propose donc plus de réconfort esthétique que de risques artistiques, porté par des danseurs de très forte technique.

En ouverture le 28 juillet, les interprètes de l'Aspen Santa Fe Ballet arrivent. Reprise de Stamping Ground, un Jiri Kilian de 1983 sur les notes récurrentes de Philip Glass; Red Sweet, une création du Finnois Jorma Elo; et Where We Left Off, une pièce de Nicolo Fonte influencée, en ont dit les critiques, par Nacho Duato, pour qui Fonte a dansé sept ans durant.

Suivra pour la première fois en Amérique du Nord 3e étage, compagnie où les solistes du Ballet de l'Opéra de Paris exploitent d'autres cordes. Nouvelles virtuosités est une courtepointe tissée d'extraits du répertoire académique et de pièces contemporaines, où se côtoient William Forsythe, Samuel Murez, Ben Van Cauwenbergh, Richard Siega et Raul Zeummes.

Revient Gauthier Dance, le ballet contemporain d'Allemagne dirigé par un Éric Gauthier bien de chez nous. La soirée compte pas moins de sept signatures: celle de Mauro Bigonzetti, qu'on a vu cette saison tant aux GBCM qu'aux Ballets jazz de Montréal, couplée à celles d'Alejandro Cerrudo, de Catarina Mora, de Paul Lightfoot, de Sol Leon, de Hans van Manen et de Gauthier lui-même.

C'est à l'invitation du FASS qu'était venu ici pour la première fois en 1998 le Stockholm 59° North. Cette extension du Royal Swedish Ballet avait alors été saluée par la critique du Devoir, qui soulignait, malgré un programme conventionnel, la performance énergique, fougueuse, passionnée même, de danseurs indéniablement de haut niveau. La nouvelle cuvée, rodée depuis quelques années déjà, est faite de Cantus in Memory on the Dancing Queen, une variation sur un slow royal signé Giovanni Bucchieri; Pas de danse, de Mats Ek, et Tactile Affinity, de Pontus Lidberg.

Côté musical, la direction artistique est fière de présenter une soirée avec la mezzo-soprano Joyce DiDonato. Pour le critique de musique classique du Devoir Christophe Huss, DiDonato est «formidable: la meilleure chanteuse au monde pour la musique de Rossini, qui possède un abattage scénique et un pouvoir d'incarnation phénoménaux». On annonce un «récital intime», ressemblant, dit-on, à celui donné au Carnegie Hall de New York en mars dernier; la diva y sera uniquement accompagnée de son pianiste. Reste à voir comment l'intimité se transposera sous chapiteau.

S'ajoutent à ces soirées, chaque soir du festival, des concerts de danse, de musique ou de chanson, gratuits, en plein air. Seront présents: Gadji Gadjo, Bette & Wallet, ZPN, Doba et La 2e Porte à gauche, entre autres. Pour les gamins, la journée Tohu Bohu, le dimanche 7 août, est une enfilade d'animations et de présentations, clôturée par L'Atelier, la chorégraphie d'Hélène Langevin qui fait découvrir au jeune public, par la danse, l'univers des arts visuels.