Joe de Jean-Pierre Perreault sera repris - Danse Danse subit une cure minceur

Après une saison festive, débordant de surprises — cinquième anniversaire oblige —, la série Danse Danse revient à une programmation allégée pour la saison 2003-04 avec six spectacles, comparativement à neuf cette année. Il ne s'agit que d'une année de répit, d'après les codirecteurs Clothilde Cardinal et Pierre Des Marais, qui envisagent à l'avenir une programmation annuelle de sept à huit spectacles par an.

D'ici là, le début de la série est repoussé à novembre pour éviter la cohue du onzième Festival international de nouvelle danse, en octobre. Cette série allégée n'empêche pas ses codirecteurs d'y maintenir un esprit festif et la volonté de défricher de nouvelles contrées géographiques de la danse, déjà bien palpables dans sa cinquième saison.

D'abord, Danse Danse créera sûrement l'événement avec trois productions bien spéciales de chez nous. En décembre, la série soulignera les 30 ans de carrière de Margie Gillis, figure marquante de la danse moderne au Québec. Outre quelques pièces choisies de son répertoire, l'émouvante soliste présentera trois nouvelles oeuvres intimistes, dont Your Footprints, un hommage personnel au défunt chorégraphe Jean-Pierre Perreault.

Danse Danse a saisi une autre occasion rêvée: le retour sur scène de l'interprète fétiche d'Édouard Lock, Louise Lecavalier, dans un spectacle de la compagnie canadienne 10 Gates Dancing. Le chorégraphe d'Ottawa, Ted Robinson, a trouvé en Louise Lecavalier et Margie Gillis deux muses aux esthétiques diamétralement opposées pour créer Reclusive Conclusions And Other Duets, une série de duos dansés par le chorégraphe avec l'une ou l'autre de ces icônes de la danse.

Autre recoupement dans cette programmation: après avoir inspiré un solo à Margie Gillis, le regretté chorégraphe Jean-Pierre Perreault annonce post mortem le retour de son oeuvre phare, Joe. Ainsi, pour clôturer sa série, Danse Danse donne vie à l'une des dernières volontés que le chorégraphe a formulées avant de mourir, en décembre: remettre en scène les 32 danseurs de Joe, tous masculins cette fois.

Pour leur volet international, les codirecteurs persistent et signent en ramenant des compagnies inédites d'Asie et d'Amérique du Sud. Dans la foulée de la visite brésilienne inédite de Grupo Corpo en 2002, ils ouvrent la saison avec Exodo, de la compagnie Danzahoy du Venezuela, métissage de tango, de contemporain et de joropo, la danse traditionnelle vénézuélienne. Soucieux de rejoindre les goûts de tous les publics, Danse Danse présente, dans une veine plus zen, The Life Of Mandala, de la compagnie taïwanaise Tai-gu Tales Dance Theater, où douze danseurs rendent hommage à la grandeur de l'esprit humain, pourtant négligeable dans l'ordre de l'univers, qui allie l'art de l'opéra chinois à la danse moderne.

Enfin, une coproduction sino-québécoise intrigante réunira le Snell Thouin Project et le Beijing Modern Dance Company dans un spectacle intitulé Os, conjuguant danse, théâtre, vidéo, musique et chant sur le thème de l'homme luttant contre les forces de la nature.

Baptisée «Grands crus, mélanges inusités, hardiesse et découvertes», la sixième saison de Danse Danse poursuit donc la mission de ses premières années d'existence, soit «doter Montréal d'une programmation de danse grands plateaux», selon les mots de ses codirecteurs, c'est-à-dire proposer des spectacles d'envergure de compagnies de renom, d'ici et d'ailleurs, sur de grandes scènes. En ce sens, les codirecteurs de Danse Danse sont très fiers d'annoncer que trois spectacles de leur programmation prendront l'affiche au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.