Des états généraux de la danse sans faux pas

Mission réussie. C'est le mot qui courait au sortir des Seconds états généraux de la danse, où le milieu, fouetté par d'intenses discussions, s'est entendu dimanche dernier sur ce qui tiendra lieu de pilier à un futur plan d'action pour les dix prochaines années.

Avec près de 80 propositions sur la table, plus de 120 amendements étudiés et 12 nouvelles propositions insérées en cours de route, les 200 délégués aux Seconds états généraux de la danse ont eu de quoi se tenir en haleine toute la fin de semaine.

Venus de toutes les régions du Québec et de tous les milieux de la danse, les participants se sont entendus de façon assez consensuelle sur la plupart des propositions étudiées. «Il n'y a pas eu de sorties intempestives, de coups d'éclair, malgré ce qu'on aurait pu penser», affirme Lorraine Hébert, directrice générale du Regroupement québécois de la danse, qui ressort épuisée mais ravie de cet exercice d'introspection.

Des positions fortes ont été arrêtées, notamment sur les conditions de travail des danseurs, les moyens à prendre pour améliorer les équipements, la nécessité d'améliorer la conservation et l'archivage du patrimoine chorégraphique et celle de mieux structurer le milieu éclaté de l'enseignement de la danse au Québec, tant au niveau professionnel qu'au niveau amateur.

Impossible pour l'instant de chiffrer les coûts des propositions qui s'adressent notamment aux pouvoirs publics, affirme toutefois Lorraine Hébert. «On ne peut pas chiffrer le coût d'avoir une doublure pour les créations, car tout dépend des compagnies. Comment calcule-t-on le coût d'une résidence gratuite ou celui de l'archivage de documents? Tout cela est très variable», dit-elle.

Sur 79 propositions, plus de 40 ont été avalisées de façon consensuelle. La prochaine étape sera de cibler à court terme les mesures qui doivent être privilégiées afin d'amorcer avec les pouvoirs publics une réflexion sur les actions à prendre, notamment pour améliorer le filet de sécurité sociale afin d'assurer aux danseurs des revenus décents.

«Le gros du travail reste à faire, conclut Mme Hébert. Il faut décider par quoi commencer. Le prochain défi, c'est l'élaboration de ce plan directeur qui doit être à la hauteur de ces états généraux.»