Seconds États généraux de la danse - Le milieu québécois de la danse se penche sur son avenir

Lorraine Hébert, directrice du Regroupement québécois de la danse
Photo: Jacques Grenier Lorraine Hébert, directrice du Regroupement québécois de la danse

Du 23 au 26 avril, plus de 300 personnes sont attendues aux Seconds États généraux de la danse pour débattre de l'avenir de cet art au Québec. Entre pirouettes et grands écarts, près de 80 propositions seront débattues pour accoucher d'un plan d'action en 2010.

Après un premier grand rendez-vous en 1994, le milieu de la danse cherche encore à solidifier ses bases fragiles. En dépit des pas de géants réalisés en 15 ans, les danseurs touchent toujours des revenus minables, les budgets de création rétrécissent comme peau de chagrin et la danse demeure un art boudé par les milieux scolaires.

C'est fort de ces constats, tracés par quelque 250 artistes et travailleurs de la danse consultés depuis l'automne 2007, que le Regroupement québécois de la danse (RQD) mettra sur la table une série de 79 recommandations. Hier, la présidente du RQD, la danseuse Anik Bissonnette, et sa directrice, Lorraine Hébert, ont dévoilé un cahier touffu de recommandations, en compagnie des responsables des cinq grands chantiers thématiques menés en prévision de ce sommet.

La semaine prochaine, ces 79 propositions seront soumises à tout ce qui grouille et bouge dans le milieu de la danse au Québec, avec pour objectif l'adoption d'un plan d'action pour les dix prochaines années. «Ces États généraux, ces recommandations, ce n'est pas abstrait. C'est le résultat concret de ce qui est vécu et compris par tout le milieu», insiste Lorraine Hébert, directrice du RQD.

Dans la mire, il y aura des pistes proposées pour améliorer la santé et l'éthique dans les milieux de la danse, notamment pour réduire la pression exercée sur les danseurs en raison de contextes financiers de plus en plus serrés. «Il faut permettre des répétitions dans des temps normaux et l'embauche de doublures pour que les danseurs cessent de porter seuls le risque associé à d'éventuelles blessures», soutient Mme Hébert.

Si les danseurs salariés ont désormais accès à la syndicalisation et aux prestations de la CSST, leurs revenus annuels ne dépassent guère 15 000 $, affirme-t-elle. Comme la durée des contrats est sans cesse écourtée faute de budgets, il leur faut parfois travailler plus qu'il y a 15 ans pour maintenir leurs revenus.

Le soutien financier aux compagnies de danse par les pouvoirs publics pose aussi problème, puisque le nombre de compagnies de danse et d'organismes de diffusion soutenus par le Conseil des arts et des lettres du Québec est passé de 15 en 1994 à 47 aujourd'hui.

Des recommandations s'attaquant au problème crucial du soutien à la relève, à celui de la conservation et de l'archivage du patrimoine chorégraphique, au manque d'infrastructures dédiées à la danse, au besoin criant d'aide à la diffusion internationale et à la sensibilisation à la danse, dès l'école primaire, seront aussi au coeur des discussions. Le RQD rêve du jour où la danse sera intégrée au cursus de toutes les écoles primaires.

«En 15 ans, l'état de la danse a beaucoup progressé, et nos compagnies ont une réputation enviable sur la scène internationale, conclut Mme Hébert. Nous avons des artistes fabuleux, mais il faut leur donner plus de moyens. Ils ont besoin d'air!»