Festival Voix d'Amériques - Les danseuses prennent la parole

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Pour Body and Soul 6, les Soeurs Schmutt mêleront leurs voix, s’amuseront à confondre le public et joueront de ces mouvements imbriqués et emmêlés qui leur sont propres.
Photo: source festival voix d’amériques Pour Body and Soul 6, les Soeurs Schmutt mêleront leurs voix, s’amuseront à confondre le public et joueront de ces mouvements imbriqués et emmêlés qui leur sont propres.

Lorsqu'elle a pris les rênes du Festival Voix d'Amériques (FVA), la directrice artistique, D.Kimm, a instauré les soirées Body and Soul. Pour donner la place, dit-elle, à des filles de mots «hot sur scène», qui ont une inspirante présence physique. Cette année, pour sa sixième édition, Body and Soul inverse la donne, en invitant des danseuses à prendre la parole.

Se retrouvent au programme les danseuses Clara Furey, Catherine Tardif et Les Soeurs Schmutt. L'artiste multidisciplinaire Marie-Hélène Bellavance, dont les jambes se terminent en bas du genou, joue de l'image-choc en ôtant ses prothèses pour sa performance. Et la mime Francine Alepin complète la soirée.

Âmes-soeurs, corps-soeurs

Les Soeurs Schmutt ont été allumées par l'invitation du FVA. Les deux jumelles, parfaitement identiques — il faut s'accrocher au grain de beauté sur la lèvre d'Élodie Lombardo pour la différencier de Séverine —, sont mortes de rire en racontant leur création. «Voilà deux mois qu'on passe par cinquante processus différents. On voulait faire du son, des manipulations de voix, des projections. On se retrouve à la maison avec des mètres de fils, des vidéoprojecteurs et des micros qu'on n'utilise pas! On a failli faire un making of de toutes nos idées. Tu nous verrais attachées avec des lumières de Noël, avec un projecteur qui balance une image qu'on n'arrive pas à cadrer», pouffent-elles. «J'étais partie sur des idées hypertechniques, admet Séverine. Là, c'est devenu plus simple, plus nous, plus Schmutt. Ouais. Garage, quoi!»

Les soeurs explorent, avec un plaisir évident, leur gémellité. Élodie explique: «Body and Soul, pour nous, c'est un concept particulier puisqu'on est nées avec les mêmes. L'âme double et le corps double. On a beau grandir, notre corps reste similaire. Et ça demeure troublant.» Les Soeurs mêleront leurs voix, s'amuseront à confondre le public et joueront de ces mouvements imbriqués et emmêlés qui leur sont propres.

Le cassé sous le chic

La mime Francine Alepin propose de son côté LK. Ailes cassées et elle cassée. Pour le Body and Soul, elle ajoute une parole à son mime, d'abord présenté pour le Théâtre Incliné. «C'est un personnage que j'ai développé de façon muette, à partir d'un costume et d'une bande sonore. Une femme assez bourgeoise, mais troublée, décalée.» La fin du numéro permet de comprendre ce cassé sous le chic. Pour Alepin, le spectacle est un stimulant défi. «Je suis habituée à toucher l'inconscient par le corps, mais mettre des mots là-dessus est nouveau pour moi. L'arrivée de la parole concrétise le personnage. Ça me permet de le nourrir en dramaturgie. J'ai l'habitude de la parole sur scène, mais pas que ça vienne de mon écriture à moi. J'ai un trac immense. C'est une écriture que je n'ai pas confrontée encore devant le public.»

Une occasion pour elles de prendre un risque et pour le public d'assister à une soirée de filles vraiment pas ordinaire.

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Body and Soul 6

Dans le cadre du Festival Voix d'Amériques:

À La Sala Rossa, le 11 février

Collaboratrice du Devoir