Danse - Premiers pas

Premier passage ici du  Ballet du Grand Théâtre de Genève
Photo: Premier passage ici du Ballet du Grand Théâtre de Genève

Pour sa première venue au Québec, la troupe du Ballet du Grand Théâtre de Genève s'amène en grande pompe, avec au programme trois oeuvres denses créées sur mesure par des chefs de file de la danse contemporaine.

Selon Philippe Cohen, directeur artistique de la troupe helvète, ce programme audacieux reflète le renouveau qui souffle sur cette troupe née en 1962, longtemps dirigée par George Balanchine (1970-1978) et jusqu'ici fortement marquée par la tradition classique.

«Depuis six ans, j'ai décidé de prendre une direction totalement ancrée dans la danse d'aujourd'hui. Il y a eu plusieurs étapes dans la vie de la compagnie, puis une ouverture à la danse actuelle dans les années 80 que je souhaite poursuivre aujourd'hui», a expliqué Philippe Cohen, directeur artistique du BGTG.

Ce tournant est parfaitement incarné par le programme triple élaboré par Cohen, qui s'amorce par Para-Dice, allusion au paradis et au hasard, forgée exclusivement pour le BGTG par Saburo Teshigawara, considéré comme l'un des plus grands chorégraphes japonais.

Le danseur nippon, qui se décrit comme un «sculpteur d'air et de temps», a ciselé une oeuvre méditative, fidèle à son style unique, marqué par l'exploration de la lenteur et de l'épure, dans des univers particuliers où le geste demeure sous contrôle absolu. Dans Glass Tooth, une oeuvre créée en 2006, le chorégraphe danse sur un plancher couvert d'éclats de verre.

«Saguro n'aime pas travailler avec beaucoup de danseurs. Il a donc un peu innover en acceptant de créer pour nous cette oeuvre pour huit danseurs, qui est plus dynamique», explique Cohen.

Après cette introduction lente suivra Selon Désir, une oeuvre passionnée pour 16 danseurs du chorégraphe grec Andonis Foniadakis, ex-danseur du Béjart Ballet Lausanne. Là, le mouvement explose, porté par la musique de Jean-Sébastien Bach, tentant d'atteindre la même élévation que La Passion selon saint Mathieu et La Passion selon saint Jean.

«Dans ce cas, on se tourne vers la virtuosité débridée et très physique. L'intensité est telle que les danseurs sont à bout de souffle tout le long des 22 minutes», soutient le directeur du BGTG.

Mais la pièce de résistance de ce programme triple s'offrira en deuxième partie, avec la présentation de Loin, une chorégraphie de 47 minutes créée en 2005 pour l'ensemble de la troupe genevoise par Sidi Larbi Cherkaoui, un des jeunes chorégraphes les plus chéris de la danse actuelle.

Dans Loin, Cherkaoui, qui a acquis un bassin de fidèles depuis son premier passage à Montréal en 2006, continue d'exploiter le rapprochement des différences et des cultures, en amalgamant décors arabisants et musique européenne du XVIIe siècle pour accoucher d'un séduisant métissage.

Du pur Cherkaoui, donc, qui souligne au trait rouge les différentes nationalités et personnalités des danseurs pour échafauder un puzzle fédérateur, où le geste, la chanson et le texte s'entremêlent à qui mieux mieux.

«Même si ces trois pièces ont une esthétique profondément différente, ça m'a semblé une évidence de réunir ses trois oeuvres ensemble, car elles s'adressent toutes à la sensibilité humaine», note Philippe Cohen.

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Ballet du Grand Théâtre de Genève

Para-Dice/Selon Désir/Loin

Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts

5, 6 et 7 février 2009

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