Danse Encore - Tout en mouvement

Crystal Pite revient avec sa compagnie Kidd Pivot pour une semaine à Trois-Rivières. Photo: Chris Randle
Photo: Crystal Pite revient avec sa compagnie Kidd Pivot pour une semaine à Trois-Rivières. Photo: Chris Randle

Avec une première québécoise et une avant-première canadienne, le Festival international Danse Encore, du 5 au 12 juin, impose Trois-Rivières sur la scène chorégraphique nord-américaine. Pluridisciplinaire et festif, l'événement, qui en est à sa quatorzième édition, réunit 250 artistes.

Le coup de coeur de l'an dernier, Crystal Pite, revient avec sa compagnie Kidd Pivot et s'installe à résidence. Une première pour le festival. L'artiste de Vancouver passe une semaine à Trois-Rivières pour peaufiner son plus récent spectacle. La formule «implique aussi une générale publique, ce qui permet de tester» le matériel, explique Claire Mayer, directrice générale et artistique de Danse Encore. A Collection of Four Works est présenté le 6 juin, une semaine avant sa première officielle à Canada Dance.

Élaborée avec la crème de chaque style de danse, la programmation de Danse Encore mise sur différents types d'activité (spectacles, compétitions, classes de maître, animations de rue) pour rallier un public de plus en plus large. L'an dernier, il a atteint 35 000 personnes.

De la danse contemporaine la plus pointue, comme au Festival TransAmériques, du ballet classique et néoclassique, comme à Saint-Sauveur, et une ambiance familiale, comme au Mondial des cultures à Drummondville, Danse Encore, c'est un peu tout ça. Au confluent de «tout ce qui est mouvement», il propose notamment une prestation sur échasses de la Carpetbag Brigade, une compagnie de théâtre physique de San Francisco.

D'Amérique

Un fort contingent américain débarque d'ailleurs sur les scènes trifluviennes. C'est que Claire Mayer a non seulement écumé Cinars pour faire ses choix, mais elle a aussi fréquenté l'Association of Performing Arts Presenters à New York. «J'ai magasiné là des artistes que je ne pouvais pas trouver ici. Ici, on est très fort en danse contemporaine, mais tout le reste — latine, hip-hop, flamenco, etc. — est moins représenté», remarque-t-elle.

Ainsi, les festivaliers ont-ils droit non seulement à la première québécoise d'une oeuvre de James Kudelka, In Paradisium, par Coleman Lemieux et Cie (7 juin), mais également à la visite de Masacote Entertainment, qui a dansé sa salsa de Boston jusqu'au Japon, et de Cecilia Marta, New-Yorkaise d'origine panaméenne qui a signé des chorégraphies pour le Cirque du Soleil. Ces deux troupes se produisent le 6 juin dans le cadre du Gala Desjardins, qui met de l'avant une cinquantaine d'artistes, dont Wen Wei Wang, Step Afrika!, Jason Samuels Smith (tap dancing) et le Complexions Contemporary Ballet. Mais pour apprécier plus longuement cette compagnie new-yorkaise composée d'interprètes de toutes les couleurs, il faut assister à la Soirée Mondor, la veille ou le lendemain, alors qu'elle offre un hommage à Nina Simone, la regrettée chanteuse noire. En deuxième partie de ce programme double, place à HS2, petite soeur de la Hubbard Street de Chicago, reconnue comme un des phares du jazz en Amérique du Nord.

Plusieurs danseurs issus de cette pépinière ont par la suite travaillé pour Céline Dion à Las Vegas. Après avoir dansé A New Day pendant cinq ans, Julia Bantner et Francisco Villalta seront présents aux compétitions à Trois-Rivières, auxquelles participent des danseurs de tous les niveaux, venus de tout l'est du Canada et du nord des États-Unis. Plus de 375 numéros exécutés en deux jours, dans deux salles simultanément.

Il semble que tout le monde trouve son compte dans ce foisonnement: les salles sont combles, le public est au rendez-vous dans le centre-ville et les artistes veulent revenir, car ils savent qu'ils peuvent montrer différentes facettes de leur talent. «Le bouche-à-oreille se fait quand t'es un bon hôte», dit non sans fierté Claire Mayer.

Info: www.festival-encore.com.

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Collaboratrice du Devoir