En photo - Lock romantique

Photo: Jacques Grenier

Sa soif d'absolu l'y prédestinait peut-être. Romantique, Édouard Lock? Quoi qu'il en soit, pour la nouvelle création de La La La Human Steps intitulée Amjad, livrée encore sur pointes, le chorégraphe québécois de renommée mondiale a puisé son inspiration principale dans certains ballets les plus marquants de l'époque romantique, comme Le Lac des cygnes et La Belle au bois dormant.

Évidemment, le créateur en extirpe toute narrativité pour toucher au noyau dur du mouvement dans toute son abstraction. Les extraits dévoilés hier annoncent un mélange d'élégance raffinée et de complexité gestuelle à haute tension propre à l'esthétique de Lock. «Il faut toujours un peu d'extrême et d'empathie pour faire quelque chose d'intéressant», a lancé le chorégraphe en conférence de presse, plus guilleret que d'habitude. Les compositeurs Gavin Bryars et David Lang ont déconstruit des airs connus de Tchaïkovski, qui sont interprétés sur scène par trois musiciens. Le sculpteur Armand Vaillancourt a oeuvré à la scénographie et l'ex-prima ballerina du Ballet national du Canada Andrea Boardman se joint à huit autres danseurs, dont la muse du chorégraphe, Zofia Tujaka. Autre trait romantique, une certaine nostalgie entoure Amjad, non seulement celle d'un répertoire ancien mais aussi celle du pays natal du chorégraphe. «Je suis marocain; Amjad est un nom qui vient de cette région», et qui est porté autant par les femmes que par les hommes. L'androgynie et la vélocité légendaires de l'artiste sont donc à nouveau au programme de la pièce, qui sera présentée en première mondiale à Ottawa les 20 et 21 avril, puis à Montréal à la Place des Arts, du 26 avril au 5 mai.

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