Vingt-deux têtes pour un cirque à la troupe française XY

«Il n’est pas encore minuit…» mise d’abord et avant tout sur l’être humain, dans un espace relationnel.
Photo: Montréal complètement cirque «Il n’est pas encore minuit…» mise d’abord et avant tout sur l’être humain, dans un espace relationnel.

Ils sont 22 artistes et ont tous voix au chapitre. Ensemble, ils ont construit le spectacle Il n’est pas encore minuit…, de la compagnie française XY, qui se produit à la Tohu de Montréal dans le cadre du festival Montréal complètement cirque. Bâtir un tel collectif d’artistes « demande un certain niveau d’écoute », reconnaît Denis Dulon, l’un des fondateurs de la compagnie, qui ne pourra cependant pas être du voyage, puisqu’il s’est blessé lors d’un spectacle précédent.

Le premier spectacle présenté par la compagnie s’appelait Laissez-porter, et le porté acrobatique est vraiment une discipline signature pour XY, qui présente des colonnes humaines de quatre acrobates juchés les uns sur les autres.

C’est une discipline qui demande un travail « d’appréhension de l’être humain », poursuit M. Dulon. « Il y a le travail de confiance, et il y a le travail d’abnégation. Il y a des endroits où on n’est qu’un petit élément dans un tout. C’est un travail qui se joue aussi sur la relation, sur les relations […]. Il faut prévoir les choses et prévoir celles qu’on ne peut pas prévoir. Se demander comment on fait pour donner confiance à quelqu’un et pour se donner confiance à soi, pour se permettre de se jeter dans les airs. C’est un travail, un processus. Si on est tête brûlée, on se fait vite mal. »

Il n’est pas encore minuit… mise donc d’abord et avant tout sur l’être humain, dans un espace relationnel. Sur scène, la troupe ne dispose, pour tout équipement, que de quatre planches et d’une bascule.

Les planches, des carrés de contreplaqué, ont été conçues pour pouvoir servir à la fois de scène mobile, portée par des artistes, et de trampoline. « Cela a quelque chose de la couverture des pompiers dans laquelle les gens peuvent sauter. Sauf que c’est rigide », dit M. Dulon.

Au départ, les créateurs ont eu l’idée d’utiliser le lindy hop, cette danse née à Harlem au début du XXe siècle.

« On est parti du spectacle précédent. On avait envie de faire quelque chose de plus pétillant de plus joyeux », dit-il.

À l’heure où le vintage a le vent en poupe, le choix du lindy hop était tout indiqué.

« C’est plutôt une danse de bal, dit M. Dulon. Mais maintenant, les danses de couple commencent à revenir un petit peu à la mode. Ça n’est plus un truc de hippie ou de ringards »

Au-delà du concept de fête, Il n’est pas encore minuit… est une réflexion sur le travail d’équipe. « Il y a des moments de célébration, mais plus largement, cela parle des États qu’on peut traverser quand on décide de faire quelque chose ensemble. Quand on n’est pas forcément d’accord et qu’on a besoin de se mettre d’accord. Et c’est un petit peu la réalité. C’est exactement ce que l’on vit. »

Les artistes de XY proviennent d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique et de France. Ensemble, ils parlent français. Un 23e membre, le danseur et chorégraphe Loïc Touzin, s’est joint à la troupe pour la création de ce spectacle. « Son travail,poursuit Denis Dulon,c’était d’amener de la nourriture au projet, de poser un regard chorégraphié, une unité au matériau, une lisibilité. Parce que 22 personnes sur scène, cela peut vite devenir de la purée. »

Il n’est pas encore minuit…

De la compagnie française XY. À la Tohu du 13 au 16 juillet.