​Dans les jupes de Joséphine Baker

Krin Haglund, ex-acrobate dévoilée par le Cirque Éloize, passée par le Cirque du Soleil, la Clique et Les 7 doigts de la main, convie le public à une seconde rencontre dans The Rendez-vous.
Photo: Michelle Bates Krin Haglund, ex-acrobate dévoilée par le Cirque Éloize, passée par le Cirque du Soleil, la Clique et Les 7 doigts de la main, convie le public à une seconde rencontre dans The Rendez-vous.
Si certaines cuvées de Montréal complètement cirque ont été généreuses au rayon du rire, l’art clownesque tient une place ténue dans cette 5e édition du festival. À deux exceptions près: la première issue d’une acrobate flirtant avec l’esprit canaille des années folles et l’autre venue de deux loustics inspirés par l’eau et la musique. 

Krin Haglund, ex-acrobate dévoilée par le Cirque Éloize, passée par le Cirque du Soleil, la Clique et Les 7 doigts de la main, convie le public à une seconde rencontre dans The Rendez-vous. Une création qui a connu son baptême du feu au Festival Fringe l’an dernier. 

Celle qui a marqué Rain du Cirque Éloize, mis en scène par Daniele Finzi Pasca, avec son personnage d’ange chauve, a repris le collier, au sens propre comme au figuré, après une absence prolongée de la scène, à la suite d’un accident. 

L’ex-danseuse revient en piste avec sa bouille impayable et son personnage de ballerine hallucinée, empruntant à l’esprit polisson de Joséphine Baker et aux musiques des années 20. 

Sur scène, la table est mise, et un candélabre ostentatoire laisse prévoir un rendez-vous galant. Pour l’inconnu tant attendu, Haglund, elle multiplie sparages et changements de costumes, livre une version tordue du Lac des cygnes, grimpe «littéralement» au rideau et fait danser sur ses hanches les sautoirs de perle comme des hula-hoop. 

Mais l’espoir du grand soir décline de minute en minute et l’ingénue, drapée dans sa nappe et coiffée du candélabre — Haglund aurait cartonné à l’ère du cinéma muet ! — se transforme en tragédienne grecque assez hilarante. Finalement, c’est avec le public que cette cabotine, tout droit sortie d’un film de Chaplin, a réellement rendez-vous. 

Si cette acrobate hors pair — qui manie la contorsion, le trapèze et la roue Cyr à merveille — possède à un potentiel clownesque évident, il n’est par contre pas toujours mis à profit dans ce premier spectacle solo qui, par moments, manque de souffle et de substance. 

L’un se mouille, l’autre pas 

C’est dans un tout autre contexte que nous plongent les deux zigues de Barolosolo avec leur cirque aquatique Ile O’, livré dans une piscine. Venu donner un concert, le tandem se pointe avec ses instruments sur une scène remplie d’eau. Si le premier saute dans la mare sans se poser de questions, l’autre tente tout du long d’échapper au liquide omniprésent, en s’accrochant à tout ce qui bouge. Bien que cousu de fil blanc, le concept a fait un tabac auprès du jeune public qui emplissait mardi soir la Maison Théâtre. 

Avec leurs instruments de musique improbables, qui glougloutent et font des bulles, ce couple à la Don Quichote et Sancho Panza, accomplit l’air de rien des acrobaties incroyables, sur des mâts et des corps complètement détrempés. On s’en doutera, le tout finit le bec à l’eau.