Cirque Alfonse - Swingue la bacaisse dans l’fond du bois

Gros party de famille sur la scène de l’Espace Go ou le Cirque Alfonse présente depuis vendredi soir TIMBER!, un cirque 100 % terroir québécois. Une veillée endiablée où les billots de bois revolent et les haches fendent l’air. Domino les hommes ont chaud, swinguez votre compagnie!

Derrière Timber!, se cache un clan tissé serré. Celui de la famille Carabinier de Saint-Alphonse-Rodriguez, qui a pondu en quelques semaines un spectacle puissamment ancré dans le folklore québécois, inspiré par l’imagerie des camps de bûcheron. L’équipée s’est mise au défi de mettre au rancart les gréements de cirque traditionnels pour privilégier les outils d’antan et des matériaux faits de bois brut, créés de toute pièce (de bois) ou dénichés dans la grange familiale.

Sur scène, le thème est exploité dans le menu détail, de la truie où mijote un bon bouillon, au rideau de planches brutes qui habille le fonds de scène. La lumière affleure six grands barbus, vêtus de froc en peau de castor, juchés sur leurs bûches.

Au son des violons et des tapeux de pieds, les haches s’emballent, les billes de bois sont prétextes à mille et un numéros de main à main ou d’équilibre, au lancer de la bûche et au combat entre gars de la drave. L’exercice donne lieu à d’intrépides numéros de jonglerie à la hache, ainsi qu’à des voltiges au-dessus de godendarts (immense scie double). Aille!

Comme dans les familles, on se joue des sales tours, on se serre les coudes et on se tire aussi la barbe. Surtout quand Papi est projeté par les bretelles dans les airs ou hissé au sommet d’une colonne à trois. Par contre, d’autres numéros moins incarnés, comme ceux de la balançoire ou des sangles aériennes, tombent un peu à plat.

Le hic, c’est que le thème exploité par Cirque Alfonse constitue à la fois sa force et son talon d’Achille. En faisant du bois le moteur de cette création taillée à la hache, la bande s’est posée un défi qui finit par limiter ses possibilités. Au plan acrobatique, le résultat est parfois un peu répétitif. Le soir de la première, plusieurs numéros étaient encore mal maîtrisés, malgré l’expérience de ces acrobates qui ont tourné avec Les Sept doigts de la main et Cirque Éloize.

Mais ce qui fait lever ce grand party de famille, c’est l’esprit de clan qui lie toute la maisonnée, du grand-père au petit-fils. La complicité est palpable dans cette fratrie de casse-cou qui a l’air de bien se marrer. Il ne reste peut-être que quelques coups de rabots à donner pour que ce cirque un peu brut ne swingue vraiment dans l’fonds de la boîte à bois.