À voir à la télévision le vendredi 13 janvier - Mourir encore à tue-tête

On raconte que, pour convaincre Monica Bellucci et Vincent Cassel, l'un des plus beaux couples de vedettes du tout-Paris, le réalisateur Gaspard Noé (Seul contre tous) leur aurait soufflé à l'oreille qu'ils feraient, avec Irréversible (2002), ce que Nicole Kidman et Tom Cruise n'ont pas pu faire dans Eyes Wide Shut.

Stanley Kubrick avait filmé un rêve; il leur proposait un cauchemar.

Au final, c'est surtout le spectateur qui se retrouve plongé dans cet enfer, un enfer vécu à rebours, l'espace d'une journée morcelée en 12 plans-séquences présentant le pire et le meilleur des hommes, qui ne sont pas si éloignés de leurs ancêtres des cavernes... C'est du moins l'impression macabre qui se dégage d'Irréversible, débutant par un meurtre d'une violence inouïe, insoutenable. Marcus (Vincent Cassel) et Pierre (Albert Dupontel) sont à la recherche de Le Ténia (Jo Prestia), celui qui a sauvagement violé Alex (Monica Bellucci), la compagne de Marcus et l'ex de Pierre.

Les voilà qui débarquent dans un bar gai à la recherche de l'agresseur et on comprend que leur rage les aveugle au point de se tromper de coupable. Et ce n'est pas le seul drame qui va marquer cette journée particulière, chargée de tension entre le trio, ponctuée de batailles, de prises de bec, et bien sûr d'un viol se déroulant sur neuf minutes. Neuf minutes si longues, si angoissantes, que l'on se demande pourquoi nous sommes là à regarder pareil spectacle.

Reconnu pour ses choix audacieux, ses images insoutenables, et un cynisme sans appel par rapport à la brutalité de ses semblables, Gaspar Noé ne donne jamais dans la dentelle et le prouve une fois de plus, dans le cri et le sang, avec Irréversible. Mais c'est sans doute la structure narrative du film, se concluant par un début de journée rempli d'espoir, qui nous permet de tenir le coup, bien accroché à notre fauteuil. Et ne pas désespérer devant pareil étalage de misère morale.

Cinéma / Irréversible
Artv, 22h30

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