À voir à la télévision le mercredi 11 janvier - Satan en satin

Avant de devenir Madame Sata, en hommage au film Madame Satan de Cecil B. De Mille, Joao Francisco dos Santos ne régnait pas sur les planches des cabarets minables et les carrosses du carnaval de Rio. En 1932, porté par une rage dont il disait ignorer la source, l'homme volait, battait, tuait et s'envoyait en l'air avec des messieurs respectables prêts à payer pour quelques minutes de bonheur. À cette époque, comment un Noir homosexuel pouvait-il vivre autrement, surtout dans un bidonville où règne la loi du plus fort et le désordre?

Après des années de triomphes carnavalesques entrecoupés de séjours prolongés derrière les barreaux, Madame Sata s'est éteinte en 1976 en pleine gloire (essentiellement locale). Le premier long métrage de Karim Ainouz évoque ce passage entre le bandit de grand chemin et la drag queen des grands soirs. Car Joao Francisco dos Santos (Lazaro Ramos, totalement déchaîné), bien caché dans les coulisses d'un petit cabaret, imite la voix et les gestes d'une chanteuse dont il entretient les bijoux et costumes. Et à la maison, l'homme s'occupe avec amour du bébé de Laurita (Marceli Cartaxo), une prostituée qui partage sa minable demeure avec Tabou (Flavio Bauraqui), un travesti qui se plaît à jouer aussi à la boniche.

Entre deux larcins et de folles passions amoureuses qui se concluent parfois par de bons coups de poing sur la gueule, Joao se prend au jeu. Avec l'aide d'un propriétaire de café à la morale élastique, il décide de choquer un peu plus les habitants du quartier qui, soyons francs, n'en sont pas à leur premier scandale... Et dans ce monde de violence, de misère, de putains au grand coeur et de policiers à la matraque solide, ce descendant d'esclave décide de faire de sa vie un spectacle. Tout cela avec la même rage et la même passion avec lesquelles il accomplit ses vols et ses meurtres dans les ruelles crasseuses d'un Rio sans plage, sans soleil et sans espoir. Mais dans le monde de Madame Sata, the show must go on...

Cinéma / Madame Sata
Artv, 19h30

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