Cinéma - Le Festival de l'Abitibi dialogue avec le FNC

Les dirigeants du Festival international de cinéma en Abitibi-Témiscamingue rencontreront la semaine prochaine, à Rouyn-Noranda, Bruno Jobin, directeur du Festival du nouveau cinéma de Montréal (FNC), pour tenter de dénouer l'imbroglio du problème des dates qui les oppose.

La Presse révélait hier qu'au moyen d'une lettre expédiée au directeur du FNC, le directeur de Téléfilm Canada, Wayne Clarkson, menaçait de retirer ses subventions au FNC s'il ne s'entendait pas avec l'équipe abitibienne.

Rappelons que le mois dernier, le FNC annonçait qu'il repoussait les dates de son rendez-vous de films — prévu du 12 au 22 octobre — à la période du 18 au 26 du même mois, pour pouvoir s'arrimer au Digimart, le marché des nouvelles technologies patronné par Daniel Langlois. En 2005, le Digimart s'était collé au Festival international de films de Montréal (FIFM) qui connut les déboires que l'on sait. Le FNC veut bien rayonner avec ce marché, mais en conservant ses dates, le Digimart serait entré en concurrence avec le MIPCOM de Cannes qui attire les mêmes acheteurs. D'où le déplacement sur l'échiquier.

Cette décision avait soulevé l'ire des dirigeants du rendez-vous de Rouyn-Noranda, qui se tient du 28 octobre au 2 novembre.

Un règlement de Téléfilm Canada interdit les chevauchements de festivals. Et même s'il n'y a pas véritable chevauchement, Wayne Clarkson estime que le montréalais talonne l'abitibien de trop prêt.

«On doit conserver notre espace vital, et avec 36 heures entre la clôture de l'un et l'ouverture de l'autre, nous subissons un préjudice», affirmait hier Guy Parent, codirecteur du festival de l'Abitibi. Nous n'avons pas le même public, c'est clair, mais l'industrie est là-bas comme chez nous.»

Guy Parent rappelle qu'en 1997, la SODEC avait obligé Claude Chamberlan, du FNC, à modifier ses dates pour éviter de nuire au festival abitibien, et qu'un modus vivendi s'était installé, un équilibre précaire désormais menacé.

Pour l'heure, l'équipe de Rouyn-Noranda, qui jusqu'ici avait refusé le dialogue dans sa fureur, se dit prête à évaluer la situation avec ses homologues montréalais, mais refuse encore de modifier ses dates pour autant. «Le problème des dates est celui du FNC, déclare Guy Parent. On comprend qu'il veut s'arrimer au Digimart, mais nous ne pouvons subir les contrecoups de ses difficultés.»

Le FNC avait offert une collaboration aux dirigeants du rendez-vous abitibien, leur proposant d'encourager les cinéastes étrangers venus à Montréal à poursuivre leur route en Abitibi. Mais Guy Parent est formel: «Nous ne voulons pas devenir un remake du FNC.»

Bruno Jobin, directeur du FNC, s'affiche plus optimiste. «Des discussions positives sont en cours avec l'Abitibi et devraient mener à une entente la semaine prochaine.»

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