Une programmation fastueuse

Espérant laisser derrière lui les déchirements de 2005, Claude Chamberlan avait surtout envie d'aborder hier la programmation de son 34e Festival du nouveau cinéma (FNC), qui roulera à Montréal du 13 au 23 octobre. Dernier des rendez-vous à la queue leu leu dans notre fière métropole. Never a dull moment. C'est reparti!

Tourbillon il y eut cette année, après le refus de Chamberlan de s'unir au FIFM et sa décision de faire cavalier seul. «J'ai changé de pilules», précisait le directeur de la programmation, en remerciant les milieux local et international pour leur appui. «On s'est battu pour nos droits, une vision, la diversité du cinéma, disait-il, avec quatre mois et demi pour ficeler tout ça.» Claude Chamberlan parle de renouveau pour cette 34e édition.

Le FNC, moins friand de primeurs que ses concurrents, a pu glaner les meilleurs films de plusieurs grands festivals internationaux et sa programmation apparaît vraiment impressionnante. En tout, le festival projettera 197 oeuvres en provenance de 38 pays, avec quand même 13 premières mondiales et 54 premières internationales et nord-américaines, dont Petit Pow! Pow! Noël, le dernier film de Robert Morin lancé ici.

Aux côtés de L'Enfant des frères Dardenne, palme d'or à Cannes, les cinéphiles pourront voir Gabrielle de Patrice Chéreau, Bombon, le chien de Carlos Saurin, Breakfast on Pluto de Neil Jordan, De battre mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard, Caché de Michael Haneke, Dear Wendy de Thomas Vinterberg, Free Zone d'Amos Gitaï, Good Night and Good Luck de George Clooney, Le Filmeur d'Alain Cavalier, Le Temps qui reste de François Ozon, Manderlay de Lars von Trier. Au menu aussi, les films d'Arnaud Desplechin, Rois et reines; de John Turturro, Romance and Cigarette; de Hou Hsio-hsien, Three Times; de Takeshi Kitano, Takeshi's; de Terry Gilliam, Tideland; de Laurent Cantet, Vers le Sud, etc.

Parmi les oeuvres en compétition pour la Louve d'or, All About my dog, un collectif de cinéastes japonais, La Couleur des mots du Belge Philippe Blasband, Peindre ou faire l'amour des Français Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Day Break de l'Iranien Hamid Rahmanian, Les Yeux clairs du Français Jérôme Bonnell.

Un hommage sera rendu au défunt cinéaste néerlandais Theo Van Gogh, avec son film 05/06. Rétrospective complète de l'oeuvre du grand cinéaste russe Alexandre Sokourov avec projection aussi de son dernier film, The Sun. Le réalisateur de Moloch étant malade, on ne peut, hélas! espérer sa venue au festival.

La star africaine Geneviève Nnaji sera ici pour présenter quatre films du Nigeria, pays où les caméras numériques ont donné lieu à une explosion du cinéma national.

Le FNC se veut une tribune d'expérimentation. Le volet «Cinéma en mutation» propose des oeuvres éclatées: Yaji & Rita, cinéma japonais épique et rock & roll, ou au coeur du cinéma-malaise, Haze de Shynia Tsukamoto.

Des courts métrages sont signés Guy Maddin, Laurie Anderson, Pierre Hébert, Bertrand Bonello, Donigan Cumming, etc.

Par ailleurs, le FNC présente en première nord-américaine Final Fantasy VII: Advent Children de Testuya Nomura, crête de l'animation sur ordinateur. Dans le cadre des 100 ans de la Main, il y aura projection du film fétiche Montreal Main de Frank Vitale.

Des portraits de cinéastes sont à la programmation, dont François Girard en 3 actes de Mathieu Roy et La Méthode Morin, de Philippe Falardeau, sur Robert Morin.

Pour tout dire, la programmation du FNC est tellement touffue et riche qu'on ne peut rendre compte de tout. La liste des invités et la composition des membres du jury devraient être dévoilées cette semaine.