Cinéma - Les journaux ont nui au FIFM, selon Simard

Aux lendemains de cette première édition houleuse du Festival international de Films de Montréal (FIFM), Alain Simard, le président du Festival et de l'Équipe Spectra, en a gros sur le coeur contre les médias montréalais. À ses yeux, la couverture des journaux a tout fait pour dissuader le public d'accourir en foule à ce FIFM.

«Nous avions tendu la main à Serge Losique, tout fait pour nous associer au Festival du nouveau cinéma, n'allez pas nous reprocher d'avoir provoqué cette crise des trois festivals, protestait-il hier au Devoir. On a tout mis en oeuvre pour que cette situation n'arrive pas. Les institutions aussi, qui se font maintenant accuser de tous les maux. C'est injuste.

Nous avons changé nos dates qui étaient en même temps que celles du Nouveau Cinéma pour ne pas entrer en concurrence avec lui, alors que c'est Claude Chamberlan qui nous avait lâchés.» Il estime aujourd'hui que ce fut une erreur d'abandonner ces dates pour septembre.

Alain Simard reconnaît qu'il y a eu des ratés et une assistance dégarnie, mais refuse d'accréditer l'ampleur du naufrage véhiculé par les médias. «Personne n'a écrit que, le dernier week-end, l'assistance avait beaucoup augmenté. Il n'était question que d'une représentation au Saint-Denis du film russe d'un réalisateur inconnu devant 19 spectateurs et non des premières devant des salles de 1000 personnes. Tout le monde nous a cherché des poux.»

Alain Simard assure que 27 000 billets ont été vendus, y compris les commandites et les accrédités. «On a vendu plus de billets que les Festivals de Cannes, de Berlin et de Toronto à leur première édition.» À son avis, l'effet psychologique a joué. «Nos salles étaient trop grandes. Celle du Saint-Denis peut contenir mille cinq cents personnes. Quand 150 spectateurs s'y retrouvent, ça a l'air vide.»

Dans un communiqué dimanche, l'Équipe Spectra avait avoué que le Festival devrait revoir sa stratégie de promotion et de programmation et offrir une billetterie plus accessible et mieux adaptée aux besoins des cinéphiles et de la presse. Elle avait admis également que cette première édition n'était pas à la hauteur de ses objectifs.

«Pour l'assistance, on ne pensait pas que ce serait aussi mauvais, précise Alain Simard. Mais l'édition fut descendue en flammes par les journalistes. Il n'était question que de catastrophe, de naufrage, alors que ce fut aussi un festival avec de bons films, une organisation professionnelle ,1100 professionnels accrédités, 300 journalistes, un jury crédible. Les médias ont dit que nos prix étaient chers, mais personne n'a fait remarquer que notre catalogue n'était vendu que 10 $.»

«Les journaux prétendent que je veux faire une tombola avec ce festival, mais le projet du FIFM a toujours été de présenter des films de qualité. C'est le mandat que j'ai donné à Moritz de Hadeln en l'engageant.»

Malgré les prises de bec qui ont opposé Moritz de Hadeln et Alain Simard au cours de l'édition, et malgré les sources internes assurant que le délégué général aux sorties intempestives ne fera plus partie du décor l'an prochain, Alain Simard refuse d'annoncer le départ prochain de l'ours suisse. «Moritz de Hadeln dit ce qu'il pense à n'importe qui, mais nous avons travaillé ensemble tous les jours. Il y a du respect entre nous. Et on ne lui montre pas la porte. Nous sommes aussi très loin de lui chercher un successeur.»

Sur la concurrence en août du FFM de Serge Losique, Alain Simard n'a pas vraiment de réponses à offrir. «Mais nous souhaitons le bien de Montréal, pas sa déroute.»

Le point de presse prévu aujourd'hui par Spectra a été annulé. Toutefois, le président du FIFM assure qu'en octobre, en dévoilant les dates de la prochaine édition, il fera le bilan, avec toutes les données en main.

«Les salles vides étaient circonstancielles, à cause des mauvaises dates. Nous avons manqué de temps, mais appris de nos erreurs au cours de cette semaine. Il reste toute une année pour nous préparer.»